Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
Le Point.
Un article de Florence Colombani.
Lire la fiche du film : La Vierge, les Coptes et moi.
Dans le formidable « La Vierge, les Coptes et moi », Namir Abdel Messeeh invente le vrai faux documentaire.
Un jour, Namir Abdel Messeeh a décidé d’enquêter sur la Vierge. Pas sur les apparitions classiques, type Lourdes ou Fatima, dûment homologuées par l’Église. Mais sur celles, plus nombreuses, et très contemporaines, que l’on observe chez les Coptes d’Égypte. L’une de ces apparitions miraculeuses date de 2000, et malgré une vidéo disponible sur YouTube, elle n’est pas forcément discernable à l’œil nu.
Très vite, le cinéaste se rend compte qu’il tient là une fausse bonne idée. Avec un vrai talent pour l’improvisation, il repense donc son projet et décide de proposer aux habitants du village où il enquête de mettre en scène une apparition de la Vierge. D’où un mélange de mise en scène et de captation documentaire, une réflexion sur le collectif et sur l’intime. Namir Abdel Messeeh filme en effet sa famille. Sa mère surtout, formidable personnage de cinéma, qui commence par voir la Vierge sur les images vidéo d’un pèlerinage, puis annonce qu’elle ne la voit plus... Si le film se prend un peu les pieds dans son dispositif très mis en scène, le propos - du thème de la croyance à la question des relations entre Coptes et musulmans - reste d’une grande force. Et avec sa verve comique et sa mère envahissante, Namir Abdel Messeeh pourrait bien devenir un jour le Woody Allen égyptien.
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma