Pourquoi Filmez-vous ? « Pour courir plus vite que le doute. Pour tenter de retrouver la grâce perdue. Pour mettre l’ennui de vivre sur liste d’attente. Parce que, les histoires, je préfère les raconter plutôt que les vivre. Parce que dans la vie, on n’a pas le final cut. Parce que Dieu est un metteur en scène dont je jalouse chaque mauvaise idée. »
François Zabaleta, cinéaste
L’Humanité.
Un article de Marie-José Sirach.
Lire la fiche du film : Voyage en sol majeur.
L’Humanite – Marie-José Sirach 23/05/2006
"Le réalisateur, Georgi Lazarevski, accompagne son grand-père au Maroc. Pas de retour aux sources, aucun d’eux n’est marocain, juste un vieux rêve que le vieux bonhomme, quatre-vingt-onze ans, n’a jamais eu le courage ou l’audace de réaliser. Il faut dire que la grand-mère pratique le sédentarisme avec moult convictions. Allongée, assise, elle ne daigne sortir de chez elle que pour essayer des fauteuils, chaises et autres meubles de cet acabit qu’elle ne trouve jamais à sa convenance. Alors, aller au Maroc… Il ne reste à son époux que le rêve, des petits carnets noircis d’une belle écriture bleue sur des itinéraires marocains imaginés. On ne sait trop comment il se décide. Mais c’est accompagné de son petit-fils et réalisateur Georgi Lazarevski, qu’il franchit la Méditerranée. Du Maroc, on ne verra que quelques images furtives, deux ruelles, un mur de mosaïques. L’intérêt est ailleurs, dans le portrait de ce grand-père qui, loin de ses habitudes, et peut-être de sa femme, se livre avec pudeur à la caméra de son petit-fils. Une confession à voix douce où il avoue cette peur qui l’a tenaillé et empêché pendant quarante ans de demander au chef d’orchestre de devenir un des solistes de l’orchestre symphonique dans lequel il jouait. Avec une économie de moyens mais une grande liberté de ton et de mouvement, Georgi Lazarevski réalise un film qui défie les propos convenus – quand ils ne sont pas glauques – sur le temps qui passe, la vieillesse et la mort. Présenté dans le cadre de la programmation de l’Agence du cinéma indépendant pour sa diffusion (ACID), le film n’a pas encore de distributeur. Souhaitons-lui d’en rencontrer un : il mérite d’être vu au cinéma. "
« En proposant un modèle solidaire fondé sur l’idée de rencontre, l’Association du cinéma indépendant pour sa diffusion révèle aujourd’hui nombre de jeunes cinéastes. »
Thierry Méranger, les Cahiers du Cinéma