Cassandro the Exotico!

Un film de Marie Losier

Cassandro the Exotico!

Un film de Marie Losier

France - 2018 - 73 min

Après 26 ans de vols planés et d’empoignades sur le ring, Cassandro, le roi des Exoticos – ces catcheurs gays qui dynamitent les préjugés – est incapable de s’arrêter. Le corps en miettes, pulvérisé, il va pourtant devoir se réinventer…

After 26 years of spinning dives and flying uppercuts on the ring, Cassandro, the star of the gender-bending cross-dressing Mexican wrestlers known as the Exoticos, is far from retiring. But with dozens of broken bones and metal pins in his body, he must now reinvent himself...

SORTIE NATIONALE

05 décembre 2018

Sortie à venir

A propos de Cassandro the Exotico !

D'abord le maquillage, à grands coups de peinture sur les paupières, puis les faux cils longs et noirs, le brushing à la laque – beaucoup de laque et du parfum, partout… La traîne de mariée vient s'accrocher au justaucorps rose à paillettes pour parachever la tenue. En off, les acclamations du public : CASSANDRO !!!

Saúl Armendáriz est ce Cassandro, fameux catcheur mexicain surnommé « l'exotique » comme tous les queer de la Lucha Libre. Le corps noueux, musclé, balafré. Un corps à dompter, poussé toujours plus loin, à l'extrême, jusqu'au point de rupture, pour le spectacle, pour la légende, celle de son personnage, Cassandro l'Exotico. Un double comme un ticket de survie, comme un majestueux pied de nez à une vie qui n'a pas été douce.

Cassandro aura tout traversé, viol, passages à tabac, humiliations, drogues dures, alcool mais subsiste à jamais debout, tel le Phénix, prêt chaque jour à remonter sur le ring avec ses tenues toujours plus folles, à se précipiter dans le vide pour nourrir la légende et épater une foule galvanisée.

Il y a des regards qui nous grandissent. Celui de Marie Losier, aimante infatigable des êtres borderline qui défient la mort est de ceux-là. Depuis ses premiers films, Marie Losier tourne en pellicule. Une pellicule qui se fait chair, acte la vie dans les interstices et les chaos. Ici, se font échos les soubresauts de la vie de Cassandro entre deux combats et ceux occasionnés par la pellicule, lorsque la bobine s'arrête et que le son pétillant prolonge l'instant. On reste alors comme médusé et en suspens, accroché au mirage de la chevelure blonde et de l'énergie sonnante et délirante du super héros acidulé.

Aurélia Barbet

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Cinéaste


Laurent Bécue-Renard

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

A propos de Cassandro the Exotico !

Discipline hybride, le catch est un sport, un spectacle, et il est également parfois considéré comme une forme d'art : Roland Barthes l'a décrit comme « une pantomime immédiate, infiniment plus efficace que la pantomime théâtrale car le geste du catcheur n'a besoin d'aucune fabulation, d'aucun décor, en un mot d'aucun transfert pour paraître vrai. » En bref, c'est le spectacle à vif de chaque existence et c'est ce que traduit merveilleusement Marie Losier dans un geste documentaire quasi démiurgique où elle parvient à faire corps avec son sujet et son personnage. D'un côté, il y a donc Cassandro, célèbre luchador gay mexicain, dont le corps rapiécé masque de plus en plus difficilement des années de lutte pour maintenir une identité et la fierté de vivre ouvertement son homosexualité, d'en porter haut l'étendard et, au passage, de botter le derrière à des brutes épaisses, souvent homophobes, encagoulées et « empailletées ». Après 30 ans de carrière, Cassandro doit multiplier les efforts pour rester affûté et continuer à encaisser, mais aussi pour soigner son apparence : sa mise en plis, son maquillage, ses costumes. Et dissimuler qu'il est en fait au bout du rouleau. Bien au-delà du catch et de ses matchs arrangés, c'est désormais sa façon à lui de tricher. De l'autre côté, il y a le film, tourné en pellicule, caméra à l'épaule, qui, formellement, rend parfaitement compte de cette période douloureuse : l'image est hésitante, tremblante, sourit en même temps que son héros, accélère avec lui et puis ralentit, craquelle, révélant ses propres fissures, ses failles et fractures. Bien plus qu'une intimité avec son personnage, Marie Losier parvient à créer l'alliance ou, plutôt, l'alliage ultime et idéal entre l'art cinématographique et son sujet.


Gautier Labrusse, président du GNCR et programmateur du Lux à Caen.

Gautier Labrusse

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Programmateur


Le Lux Caen
Paroles de programmateurs

CASSANDRO



Cassandro (de son vrai nom Saúl Armendáriz) est catcheur professionnel depuis l'âge de 17 ans. Il est né et a grandi à El Paso au Texas et a commencé à s'entrainer régulièrement en tant que Luchador de l'autre côté de la frontière, à Juárez au Mexique, alors qu'il était encore un jeune adolescent. Pour lui, le plaisir et la famille se situaient principalement à Juárez avec, en tête de tous, la Lucha Libre – version mexicaine, pop et flash, du catch professionnel. Chaque barrio avait une petite arène où des héros masqués (técnicos) s'affrontaient contre les méchants (rudos) tous les dimanches. Saúl adorait les costumes scintillants, le lycra, les corps en sueur et les foules bruyantes et passionnées. Il idolâtrait les Luchadores plus vrais que nature même si lui n'était pas bien grand. Mais il était athlétique et vif, et désespérément en manque d'une nouvelle image de lui-même, d'un alter ego.


Alors que les Exóticos ont commencé à se travestir, leurs numéros se sont transformés en caricatures d'homosexuels. Le public adorait les détester, criant « Joto! » (« Pédé! ») et autres insultes. Les Exóticos offraient un contraste par rapport aux machos qu'ils affrontaient sur le ring. Les Exóticos célèbres insistaient sur le fait qu'il s'agissait d'un numéro et que dans la vie courante, ils étaient hétérosexuels. Cassandro, lui, a été l'un des premiers à affirmer publiquement qu'il était bel et bien gay. Lors de son premier match en tant qu'Exótico, Saúl Armendáriz n'était d'ailleurs pas masqué. Certains sont maintenant acceptés en tant que modèles positifs. « Je connais des hétéros qui me disent qu'ils sont plus tolérants envers les homos grâce à moi » dit fièrement Cassandro. Dans le passé pourtant, il a maintenu sa confiance en lui en s'anesthésiant avec de larges doses de drogues et d'alcool : tequila, cocaïne, marijuana. L'univers de la Lucha Libre attirait les policiers haut-placés, les fédéraux, ainsi que leurs cousins de la pègre, ce qui assurait une provision illimitée de produits illicites.


Pour Cassandro, la fête a duré plus de dix ans. Quelques années plus tard, il touchait le fond. Sa carrière souffrait à cause de ses dépendances et il ne catchait plus beaucoup. Vers la fin, il vivait dans l'arrière-cour d'un ami. La date de sa sobriété, le 4 juin 2003, est tatouée sur son dos. Il a t rouvé la force de s'en sortir grâce à son désir de vie, à sa croyance en Dieu, et par le biais de pratiques spirituelles venant des Mayas et des Indiens d'Amérique qui l'ont introduit à ses ancêtres Nahuatl. « On dit que la religion c'est pour ceux qui ont peur de l'Enfer, » dit Saúl. « Mais la spiritualité c'est pour ceux qui sont déjà allés en Enfer. Comme moi. » Il a repris les combats, et a crée une nouvelle identité et une nouvelle façon de combattre. Mais aujourd'hui, il doit faire face à de nouvelles épreuves. Il a subi deux crises cardiaques et ne peut plus ignorer les dangers physiques et moteurs qui le guettent.

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Les exóticos

 


Dans le monde du catch mexicain, la Lucha Libre, les Exóticos sont des catcheurs hommes habillés en femme, voire même en « drag », et qui combattent par extension les codes de la virilité. Même s'ils ne sont pas nécessairement homosexuels, les Exóticos cultivent à l'évidence l'ambigüité. Ils ne reculent devant aucune excentricité, du boa, à la mise en pli, des paillettes aux robes moulantes. Kitchs, flamboyants, parfois provocateurs, souvent drôles, ils n'en sont pas moins d'excellents athlètes, puissants et rusés. Dans un monde si machiste et compétitif, les Exóticos ont eu à se battre pour leur reconnaissance et leur façon d'être. Ils prouvent en permanence que leur féminité et leur humour ne diminuent en rien leur capacité à se battre et à distribuer les coups.


Si les premiers Exóticos sont apparus dans les années 1940, (notamment avec Sterling Davis, aka Gardenia Davis qui entrait sur le ring en lançant des gardénias au public), tous prétendait que ce n'était qu'une mise en scène théâtrale pour le public et pas du tout une identité profonde. Ce n'est qu'au milieu des années 1980 que deux Luchadores commencèrent à lutter en tant qu'Exóticos, mais sans renier leur identité homosexuelle en public. Cela a complètement changé la perception du phénomène et permis d'élargir et par extension d'accepter cette catégorie sociale.


L'une de leur principale singularité n'est pas anodine puisque pour la plupart, les Exóticos combattent sans masque. C'est là une vraie originalité dans l'univers du catch dont le masque est l'un des symboles les plus forts et aussi une façon d'assumer haut et fort leur identité profonde afin de donner l'exemple aux plus jeunes.

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La zone El Paso / Juárez

 


L'agglomération de El Paso / Juárez a la particularité de s'étendre sur deux pays, les États Unis d'un côté et le Mexique de l'autre. Ce sont à la fois deux villes distinctes, opposées en tout, partagées par le fleuve Rio Grande, et une même étendue urbaine coincée entre les montagnes et le désert du Chihuahua.


Selon les recensements, El Paso compte plus de deux tiers d'habitants d'origine hispanique. A l'inverse des idées reçues, c'est une ville très sûre et très fière de son musée de la police transfrontalière, le United States Border Patrol Museum. Ce n'est pas du tout le cas de Juárez, extrêmement dangereuse et délabrée. L'absence totale de politique cohérente concernant l'immigration a mené à l'apparition de quartiers très pauvres tout autour de la ville. Juárez est donc majoritairement et tristement connue pour sa criminalité qui lui vaut le surnom de «capitale mondiale du meurtre». Les affrontements entre les cartels de la drogue y ont fait des centaines et des centaines de morts rien que les cinq dernières années. La police et l'armée sillonnent la ville dans des engins blindés sans réellement parvenir à changer la situation.


Que l'on choisisse de l'ignorer (comme la majorité des habitants de El Paso qui chérissent leur tranquillité) ou pas (comme la majorité des habitants de Juárez qui ne pensent qu'à passer), la frontière est omniprésente, ultra visible de partout avec son immense grillage de chaque côté du fleuve. Depuis l'ère Trump, elle est plus que jamais dans toutes les têtes, dans tous les champs de vision. Elle est l'ossature, la colonne vertébrale de la région.

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L'ACID dévoile sa programmation pour l'ACID Cannes 2018 !

Cliquez ici pour télécharger l'agenda des séances / Click here to download the agenda


Pour sa 26ème édition, les cinéastes de l'ACID auront le plaisir de présenter à Cannes un programme de 9 longs métrages dont 8 premiers longs, qui seront présentés et accompagnés par les cinéastes de l'association et les équipes des films. 11 cinéastes accueillis à l'ACID, dont 7 femmes.

Ce programme est enrichi d'une séance spéciale « ACID Patrimoine », d'un focus sur le cinéma portugais, l'ACID TRIP #2 Portugal -- et d'une séance spéciale « sortie prochaine » de Mirinda, Avant l'aurore de Nathan Nicholovitch.


« Ausculter le monde, trouver au fond de soi le geste le plus juste pour en témoigner, le rejeter, puis l'aimer encore et à nouveau. Le filmer en réinventant sans cesse le regard. Saisir ses névroses carabinées comme sa folie douce, discerner la force vitale, résistante et libre des êtres comme la fragilité imprévisible de leur destin et la vanité de leurs ambitions, mais toujours célébrer quelque part leur délicate et éphémère beauté de vivants. Ainsi font les cinéastes qui ont frappé à notre porte cette année, riches de la variété de chacune de leurs propositions formelles et de chacun de leurs récits. »

Les cinéastes programmateurs 2018

Aurélia Barbet, Laurent Bécue-Renard, Karim Bensalah, Marie Dumora, Alice Fargier, Philippe Fernandez, Jean-Louis Gonnet, Ilan Klipper, Mathieu Lis, Chloé Mahieu, Vladimir Perisic, Lila Pinell, Idir Serghine, Pierre Vinour.


LA PROGRAMMATION ACID CANNES 2018 :


L'ACID TRIP#2 PORTUGAL :


LES SÉANCES SPÉCIALES : 


La 26e édition de l'ACID Cannes se tiendra du mercredi 9 au vendredi 18 mai 2018.

Retrouvez toutes les informations ici

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L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP !

L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP

Le cinéma par ceux qui le font !


L'ACID est une association composée de cinéastes. Si elle réunit une immense diversité de regards, elle se caractérise par des approches voisines du travail cinématographique, des façonnages singuliers, souvent artisanaux, pour lesquels ces filmmakers sont sur tous les fronts.

Qu'est ce qui nourrit l'inspiration des cinéastes ? Comment au quotidien – de l'écriture au tournage – fabriquent-ils leurs films – qu'ils soient fiction ou documentaire ? Comment les mettent-ils en scène ? Comment travaillent-ils avec leurs acteurs ou leurs protagonistes ? 

Ce sont ces expériences de fabrication que les cinéastes viendront mettre en partage avec les publics.


Comme dans une université populaire, il s'agit d'une saison se déroulant tout au long de l'année, imaginée avec des salles adhérentes ACID. Chaque séance est construite autour d'un film choisi par les cinéastes de l'ACID et se déroule en trois temps : 

1. Dialogue autour d'une question de cinéma traversant le film

2. Projection du film

3. Echange avec le public.


L'ACID POP débute en novembre 2018 dans 7 salles pilotes sur un rythme mensuel, jusqu'en juin 2019. La première séance aura lieu le lundi 12 novembre à 20h au MK2 Quai de Seine.


> Pour accéder au programme complet, cliquez ici <


La saison pilote ACID POP 2018 - 2019

  • Cinéma américain : reste-t-il encore des artisans ? Avec Thunder Road de Jim Cummings
  • Personnes et personnages : et si on plongeait les acteurs dans le réel ? Avec Il se passe quelque chose de Anne Alix
  • Filmer les sentiments : romantisme ou réalisme, faut-il vraiment choisir ? Avec L'Amour debout de Michaël Dacheux 
  • Créer en liberté : comment perdre son scénario pour mieux le retrouver ? Avec Avant l'aurore de Nathan Nicholovitch
  • Il n'y a pas de différence entre un film historique et un film de science-fiction - Avec Un Violent désir de bonheur de Clément Schneider 
  • « Documentaire », vraiment ?! Filmeurs et filmés, n'est-on jamais que des inventeurs de récits ? Avec Of Men and War [Des hommes et de la guerre] de Laurent Bécue-Renard 
  • Entre captation et recréation du réel : où est la mise en scène dans le cinéma documentaire ? Avec Spartacus & Cassandra de Ioanis Nuguet 
  • De l'art du portrait au cinéma : un corps à corps ? Avec Cassandro the Exotico! de Marie Losier
  • Filmer l'autre : trouver la bonne distance - Avec Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley

> Les premières dates ici <


Les salles adhérentes partenaires :

  • L'Atalante, Bayonne ( (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine) - Programme documentaire 
  • Le Bretagne, Saint-Renan (Finistère - Bretagne) 
  • Le Cigalon - Cucuron (Vaucluse - PACA)
  • Le Cin'Hoche, Bagnolet (Seine-Saint-Denis - IDF) 
  • Le Kursaal, Besançon (Doubs - Bourgogne-Franche-Comté) 
  • Le Méliès, Villeneuve d'Ascq (Nord - Hauts de France) 
  • Le MK2 Quai de Seine, Paris (IDF)
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