Au bord du monde

Un film de Claus Drexel

Au bord du monde

Un film de Claus Drexel

France - 2013 - 98 min

Paris, la nuit. C'est ici que vivent Jeni, Wenceslas, Christine, Pascal et d'autres. Sans-abri, ils hantent trottoirs, ponts et couloirs du métro, au bord d'un monde où la société ne protège plus. Ils nous font face, ils nous parlent.

Sorti le 22 janvier 2014

À propos de Au Bord du monde

Claus Drexel nous emmène ailleurs. C'est-à-dire au centre de Paris. Un Paris de carte postale, voire d'apparat, baigné d'or nocturne. Mais un Paris désert, comme vidé de ses habitants, de toute vie, dans le secret de la nuit. C'est dans ce Paris sublimé mais totalement exsangue que la beauté confine soudainement à l'obscénité. Peu à peu, derrière ce hiératisme mortifère, apparaissent comme rescapés d'une civilisation déchue, des amas frémissants, des blocs de carton, des haillons. Une vie est là, fragile, précaire, qui va sûrement être balayée au prochain orage. Des clochards nous parlent. De plain-pied, la caméra les filme, leur fait épouser le décor. Remisés au bord du monde, le cinéaste les ramène au centre du plan. 

Ces êtres humains se confient au cinéaste, lui disent leurs subsistances, leurs peines, leurs espoirs. La parole est là, puissante, folle, mais toujours sophistiquée, elle prend sa place dans le décor. Nous sommes face à eux, avec eux, pour un moment, au cœur de leur nuit. Le film nous emmène, à la façon de la science-fiction, au bord du monde, tout près du gouffre, jusqu'au vertige. Vertige de l'altérité, mais également vertige de la proximité, tout se situe ici et maintenant.

Dans le collage qu'ose la mise en scène, entre le trivial et le sublime, entre l'indigence et la beauté séculaire, comment nous situer ? C'est la question que pose ce film. En osant le plus beau, le plus tapageur écrin de beauté pour ces êtres abandonnés, la caméra se pose quelque part entre une quête d'anoblissement et l'ironie dramatique la plus déplacée. Dans ce film, il règne une atmosphère de fin du monde. La carte postale est gâchée. Un film commence.

Fabianny Deschamps

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Cinéaste


Aurélia Georges

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Au Bord du monde

"Il faut garder le sourire, c'est ça qui aide à tenir." Voilà les paroles touchantes d'une des personnes sans domicile fixe que Claus Drexel a décidé de filmer. Des paysages issus de la ville de Paris, des couleurs sombres, la nuit et la lumière des lampadaires. C'est ainsi, dans leur décor habituel, que le réalisateur choisit de montrer l'histoire douloureuse d'une dizaine de sans-abri en les laissant s'exprimer sur leur combat quotidien. L'une a perdu sa famille, l'autre s'est retrouvé sans travail. Une réalité bouleversante sur la société de nos jours qui ne protègent plus les plus démunis. Ce film documentaire est une perle rare et produit un véritable choc sur le spectateur. Il nous offre l'occasion unique de découvrir un monde qui côtoie nos rues mais qui nous est pourtant si inconnu…


Dans le cadre du dispositif Rencontres avec l'ACID - Sous l'égide du rectorat de Nice 

Emilie

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élève de Seconde


Lycée Bristol Cannes
Paroles de spectateurs

À propos de Au bord du monde

Avant qu'une aube majestueuse et éternelle ne se lève sur Paris, Claus Drexel nous invite à voyager dans quelques nuits parisiennes en compagnie des plus démunis. Des nuits froides, des nuits bleutées, des nuits désertées, des nuits presque perdues, avec ceux qui vivent seuls, à la rue.

Nous suivons ainsi treize personnes, enfermées dehors, dans les plus beaux quartiers de la capitale. Paris, la plus lumineuse des villes, est par excellence faite pour le cinéma. Paris, décor monumental d'or et de lumières est ici prodigieusement filmé. Les femmes et les hommes, avec qui nous passons une heure quarante, vivent, invisibles, dans ces décors trop grands. Monuments somptueux et édifices publics imposants, pont et tunnels, grilles interminables et murs gigantesques. La Seine coule autant que la lumière des éclairages urbains. La magnificence de ces décors engendre un monde parallèle, à la limite du fantastique. Dans ce monde qu'invente le cinéma, les sans-domiciles, Christine, Pascal, Wenceslas, Costel, Jeni ou Marco se révèlent, désormais visibles et audibles.

Tous, malgré la gravité de leur situation douloureuse, sont magnifiques parce que le cadre dans lequel il leur est proposé d'intervenir est lui-même beau. Ce cadre semble le seul espace qui leur est proposé d'habiter. Posé, à bonne distance, large et généreux, il leur donne une réelle dignité, et leur rend toute leur humanité, de chair et d'os, de voix et de discours. La caméra sait capter avec attention et calme ce qu'ils nous disent de leurs éclats de vie. Leurs réflexions sont le plus souvent d'une grande profondeur. Le spectateur, saisi, les voit et les écoute, comme jamais.

Pascal Robin

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Programmateur


Les 400 coups Châtellerault
Paroles de programmateurs

À propos de Au Bord du monde

« Les SDF sont interviewés très simplement, sans pathos, sur leurs vies précaires, telle cette vieille dame, très digne au langage choisi émergeant de sa bâche plastique sous pluie et neige et dont les enfants sont aussi à la rue. Je garde en mémoire les superbes plans fixes, caméra au sol et grand angle , surtout celui du tapis roulant arrêté à Concorde magnifiant la perspective et cadré au cordeau...»

Jean-Paul Allari

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Spectateur ACID


Paroles de spectateurs
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