Historique

Novembre 1991, nous étions 6 réalisateurs à rédiger une première version du Manifeste « Résister » pour tenter une initiative collective face à la dégradation catastrophique de la distribution de nos films sur les écrans.


Trois mois plus tard, en février nous étions 150.


MANIFESTE RESISTER 


Pourquoi avons-nous besoin de tant d'histoires, de tant d'images ? Pourquoi ce désir d'être assis dans l'obscurité, de fixer l'écran où d'autres vivent, sans que nous puissions répondre à leurs paroles, nous mêler à leurs actes ? Pourquoi sommes-nous si sensibles à ces vies qui nous échappent ? Pourquoi rions-nous ? Pourquoi pleurons-nous ?

La réponse semble évidente : parce que le cinéma est un art.

Pourtant cette évidence est aujourd'hui violemment combattue, renvoyée au grenier poussiéreux des illusions, voire des utopies, niées par l'économie actuelle du cinéma.


LIRE LE MANIFESTE


Du Manifeste à l'ACID...

Nous avons alors tenu plusieurs assemblées dans les locaux mis à notre disposition par la Société des Réalisateurs de Films (SRF) afin de formuler diverses propositions d'amélioration des réglementations actuelles portant principalement sur la nécessité impérieuse de renforcer les divers mécanismes de soutiens automatiques à la distribution.


 

 Ces propositions concernaient principalement :


  • La création d'une aide-automatique à la distribution liée à l'avance sur recettes.

  • Une nouvelle procédure d'accès à la commission d'Aide Sélective à la diffusion pour les films à petits budgets permettant à un film produit sans Avance sur Recettes d'y être présenté directement par le réalisateur ou le producteur, sans distributeur. L'attribution éventuelle du principe d'une aide sélective servirait d'incitation pour un distributeur.

  • L'accès des distributeurs indépendants au Fonds de Soutien automatique en abolissant le seuil d'éligibilité discriminatoire fixant un minimum de frais d'édition correspondant à 10% du budget global du film.

  • L'accès au Fonds de Soutien automatique pour l'exploitation conditionné à l'existence d'un véritable pluralisme des temps de programmation consacrés à un minimum de 50% aux films français et européens.

  • Réserver sur les chaînes de télévision un créneau « hors-quota » après 22h30 pour 52 films par un an indépendants classés « Art et Essai ».

  • Ouvrir à Paris une salle multi-écrans qui serait à la fois une cinémathèque du cinéma français contemporain assurant une permanence des films après leur carrière d'exclusivité et un rôle de découvreur de nouveaux talents, d'avant-premières, un lieu d'accueil, de rencontre et de documentation où public et cinéastes trouveraient matière à se découvrir et s'expliquer.

  • Enfin nous commencions à poser les premiers jalons d'une réflexion pour la création d'une AGENCE POUR LA DIFFUSION DU CINEMA INDEPENDANT, maillon d'un réseau souple, non conventionnel, s'appuyant sur les salles indépendantes qui agissent selon le principe de l'action culturelle (560 salles potentielles en France). Un outil de partenariat, sous la responsabilité des réalisateurs et animé par eux, afin de favoriser la rencontre de tous ceux qui font la vie d'un film : auteurs, mais aussi producteurs, distributeurs, programmateurs de salles indépendantes, journalistes enseignants, ciné-clubs, jeune public etc...

Dans un communiqué consacré à la crise de la distribution, le CA de la Société des Réalisateurs de Films adoptait les positions défendues par le manifeste (communiqué de la SRF du 25 juin 92 « Pour que Vive le Cinéma Français »)


      

Nous étions alors 180 réalisateurs signataires.


Nous ne pouvions nous contenter de « Résister », il fallait agir positivement :


  • Agir pour renforcer concrètement ce pôle d'autonomie de pensée et de parole du jeune cinéma que nous venions de constituer : pour paraphraser Truffaut, « une certaine idée du cinéma français »...
  • Agir en créant un outil pour le long terme, car nous savions que la situation n'évoluerait pas d'un coup de baguette magique mais à travers une action prolongée dont le cœur consistait à créer un pont, un maillon vivant, entre les deux composantes fortes du cinéma français :

- D'une part des films souvent originaux réalisés grâce aux mécanismes d'aide à la production en France,

- D'autre part des salles indépendantes qui fonctionnent à partir d'une passion véritable du cinéma et mettent en œuvre une politique d'action culturelle.


 

Nous déposons auprès de Dominique Wallon, directeur général du CNC, un Rapport intitulé « Mission de Préfiguration d'une agence pour la promotion et la diffusion du Cinéma Indépendant en France ».


 

Septembre 92 : la SACD, puis le CNC décident de soutenir les premières ACTIONS DE PREFIGURATION que nous proposons pour les 6 mois à venir (d'octobre 92 à mars 93).


Novembre 1992 : l'ACID est créée


Membres fondateurs : Laurent Bénégui, Jean-Louis Benoit, Luc Béraud, Claudine Bories, Dominique Crévecoeur, Paul Dopff, Kathleen Fonmarty, Jean-Pierre gallèpe, Robert Guédiguian, Jeanne Labrune, Serge Le Péron, Alain Mazars, Pomme Meffre, Gérard Mordillat, Michael Perrotta, Sabine Prenczina, Jean-Pierre Thorn


 

L'ensemble des 180 réalisateurs signataires du Manifeste Résister en constitue les membres actifs dès qu'ils s'acquittent d'une cotisation annuelle.


Un Conseil d'administration de 14 cinéastes est élu.

 

Deux premiers films sont choisis pour un soutien :


La petite amie d'Antonio de Manuel Poirier

Parfois trop d'amour de Lucas Belvaux





      

Publié le dimanche 13 août 2017
Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017

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