Donoma

Un film de Djinn Carrénard

Donoma

Un film de Djinn Carrénard

France - 2010 - 133 min

C’est l’histoire free-style de la relation conflictuelle entre une prof d’espagnol en LEP et un cancre blessé, qui croise la rencontre muette d’une photographe triste et d’un inconnu, qui s’insinue dans l’expérience mystique qu’une jeune fille pas du tout croyante tente de partager avec un fidèle – mais ce n’est pas sans lien avecle lycéen et la prof... Ils s’appellent Analia, Dacio, Salma, Dama, Chris et Raïné. Ils sont jeunes, de tous les milieux, aux prises avec des problèmes d’adultes, en quête d’aide, de contact, de réponses... Il y a beaucoup d’ombres, beaucoup de nuits dans ces questions, mais Donoma nous le dit en langage sioux : le jour est là.

Avec :
Emilia Derou-Bernal , Vincent Pérez , Salomé Blechmans , Sékouba Doucouré , Laura Kpegli , Laetitia Lopez et Matthieu Longuatte

Sorti le 23 novembre 2011

À propos de Donoma

Ce film est un voyage, une invitation à regarder le territoire de l'autre. Chaque personne est un pays, une histoire exaltante et complexe. Le film explore ses personnages en les laissant révéler eux-mêmes la finesse de leur perception, leurs désirs contradictoires, leurs croyances, la chute de leurs repères. Tout les unit et tout les sépare. Ce qui semble les rapprocher, âges, famille, lieux, école, images, dessine leurs différences. Chacun existe en empruntant le chemin des autres. La relation trouble d'un professeur et son élève, la tentation sacrificielle d'une jeune fille pour sa sœur, le silence de la jeune femme photographe… les rapports de pouvoir se cachent sous la séduction, la séduction se cache sous les silences, le silence sous le ratage…


La forme cinématographique de Donoma est enthousiasmante, inventive,maîtrisée. Remarquable aussi est sa tentation de regard global. Les personnages sont jeunes, mais déjà aux prises avec des problèmes d'adultes. Ils ne sont ni en guerre ni en paix. Ce jeune cinéaste inconnu déambule dans les destins de ses personnages et mine de rien, en toute liberté, pose les questions fondamentales à toute existence.

Joël Brisse

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

LE CINÉMA GUÉRILLA - CRÉER SANS PISTONS NI MOYENS

Pourquoi faire un film sans argent ? A chaque fois qu'on me pose cette question je donne une réponse différente, mais elles sont toutes vraies : parce que je m'étais promis mon premier long métrage pour mes 30 ans, parce que je voulais tourner librement sans prétention, parce que je suis accro aux success story des gens qui transforment leurs rêves en réalité sans un rond...

J'ai réuni des comédiens, et j'ai essayé de leur vendre le moins de rêve possible : on va faire un film sans fric, on n'est personne et on ne connaît personne dans ce métier, il ne faut pas espérer plus de ce projet qu'une projection dans un cinéma avec tous nos potes... On est d'accord ? On y va alors. Pour faire le film sans fric, j'ai mis sur pied une stratégie qui pouvait se résumer ainsi : quand on a besoin de quelque chose pour le tournage, on se le fait prêter, sinon on s'en passe, c'est simple. Du troc donc, des prêts ou des dons, autant de partenaires qui ont fait le choix avec nous de réinventer l'économie de marché et de croire en notre utopie. 

Je me suis dit que cette épopée pouvait être passionnante, je voulais que des internautes puissent nous suivre depuis le lancement désargenté de cette aventure jusqu'à son succès hypothétique. Nous avons donc réuni une communauté Web, à qui on envoyait des vidéos expliquant le projet, présentant les participants, expliquant notre objectif. Et puis les mois passaient, le tournage suivait son cours, et l'attente du public se faisait de plus en plus palpable : “on le voit quand ce fameux film” ? 

J'ai monté Donoma presque sans m'arrêter pendant trois semaines d'affilée, la projection était à 9h30, le montage était bouclé à peine quelques heures avant, et c'est donc l'ordinateur lui-même qui a été branché au projecteur du cinéma. Une centaine de personnes avait fait le déplacement pour voir le film dont on leur rebattait les oreilles depuis des mois, je le découvrais en même temps qu'eux. L'enthousiasme était là. La plupart des gens étaient venus voir le défi que s'était lancé à lui-même un réalisateur fou, et ils ressortaient surpris d'avoir découvert un “vrai film”. 

Je l'ai envoyé à tous les festivals que je connaissais en France (Cannes, Angers, Belfort, etc.). Je n'ai pas tardé à avoir une réponse de l'ACID. Ils avaient adoré le film, ils l'emmenaient à Cannes, l'aventure continuait. Et puis petit à petit, avec l'ACID, dans le reste du monde, les invitations se sont mises à fuser : Montréal, Athènes, Pusan (Corée), Ouagadougou, Londres, Alger, Budapest. Aujourd'hui Donoma sort en salles, nous allons parcourir la France accompagnés d'une exposition, pour transmettre aux spectateurs, lycéens, collégiens, étudiants ou curieux, la science de la débrouille accumulée dans cette aventure.

Djinn Carrénard

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Cinéaste


Article

À propos de Donoma

Voici un film de bande… Tourné sans débander… Vite, en tension, dans une énergie qu'on devine bordélique et avec une capacité d'endurance incroyable… 

Il y a dans Donoma un personnage qui est à l'image du projet : Analia. Elle est prof d'espagnol et s'embrouille fréquemment avec l'un de ses élèves, Dacio. L'inspection académique lui recommanderait très certainement d'assister à la journée de formation dont bénéficient les enseignants stagiaires, de sanctionner, de solliciter l'aide de la police, bref ils seraient nombreux à lui expliquer « ce qu'il faut faire » dans ce cas-là… Au lieu de quoi, Analia, son cancre elle se l'attrape… Littéralement… Elle franchit la ligne, elle s'en fout, elle fait comme elle le sent… 

Face à Donoma, c'est pareil, on frémit, on a peur, on a envie de dire : « t'es sur que tu veux le faire comme ça ton film ? » Quelque chose comme assister à un spectacle d'équilibristes avec trente acrobates débutants qui s'agitent sur le même fil à trente mètres au dessus du vide… Et pourtant, mis à l'épreuve du temps, cette naïveté et cette audace emportent tout sur leur passage et donnent naissance à un étonnant concentré de singulier. C'est crevant mais quel kif !

Séverine Rocaboy

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Programmatrice


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