Marius et Jeannette

Un film de Robert Guédiguian

Marius et Jeannette

Un film de Robert Guédiguian

France - 1997 - 102 min

Le Monde ... Marseille ... Quartiers Nord ... l'Estaque... Marius et Jeannette sont au milieu de leur vie. Marius vit seul dans une immense cimenterie désaffectée qui domine le quartier. Il est le gardien de cette usine en démolition. Jeannette élève, seule, ses deux enfants avec un maigre salaire de caissière. Elle habite une minuscule maison ouverte sur une courette typique de l'habitat méditerranéen. Ses voisins de cour, Caroline et Justin, Monique et Dédé, l'encouragent avec force éclats de rire et coups de gueule. La rencontre de Marius et de Jeannette ne sera pas simple car, outre les difficultés inhérentes à leur situation sociale, ils sont blessés... Par la vie. Le film décrit la renaissance de leur capacité à être heureux. Cette romance populaire se terminera bien car... il le faut. Il faut réenchanter le monde.

Avec :
Ariane Ascaride , Pierre Banderet , Frédérique Bonnal , Jacques Boudet , Jean-Pierre Darroussin , Gérard Meylan , Miloud Nacer , Laëtitia Pesenti et Pascale Roberts

Sorti le 19 novembre 1997

À propos de Marius et Jeannette

Pour moi le plus beau film de Robert Guédiguian. Pourquoi ? Parce que si son cinéma émeut par sa fidélité sans faille à une bande de potes qu'il n'a cessé d'aimer et de filmer depuis dix-sept ans, à un engagement (qui force le respect après cette décennie de grands reniements), à une ville et à son histoire ouvrière (inscrite dans la chair du quartier de son enfance : l'Estaque)... Si, de film en film, Robert raconte la même histoire, celle de la générosité, de la vie et de la communauté des copains, plus forte que la société machine à exclure et déshumaniser... Ce qui touche cette fois, encore plus profondément, c'est ce plaisir de cinéma que Robert libère : plaisir de la mise en scène du fugitif, plaisir de l'émotion en gros-plans sur des visages et en premier, celui de sa femme, Ariane, dans le rôle de Jeannette, plus bouleversante et plus belle qu'elle n'a jamais été. Courrez voir Marius et Jeannette ne serait-ce que pour cet état de grâce, par exemple le plan de Marius venant refaire les peintures de Jeannette et découvrant son désir d'elle : un simple mouvement de caméra glissant depuis ses pieds à elle pour aller vers lui et revenir à elle... Pour cette fragilité-là, cet amour, cette fidélité, cette pudeur-là - d'écorché vif - que Robert ose mettre à nu dans son cinéma, on n'a qu'une envie : dire "merci".

Jean-Pierre Thorn

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