Pour le réconfort

Un film de Vincent Macaigne

Pour le réconfort

Un film de Vincent Macaigne

France - 2017 - 90 min

Pascal et Pauline reviennent sur les terres de leurs parents après des années de voyage, et se retrouvent dans l’impossibilité de payer les traites du domaine. Ils se confrontent à leurs amis d’enfance, qui eux, d’origine modeste, n’ont jamais quitté leur campagne. Et à Emmanuel surtout, qui veut racheter leur terrain au meilleur prix pour l’expansion de ses maisons de retraite.

Entre les amitiés d’hier et les envies de demain, la guerre aura-t-elle lieu ?


Pascal and Pauline are coming back to their parents’ estate. After years of travelling the world, they are no longer in a position to a ord the property bills. They confront their childhood friends. Friends coming from less wealthy families and who never left their countryside.

Avec
Pauline Lorillard, Pascal Rénéric, Emmanuel Matte, Laurent Papot, Joséphine de Meaux, Laure Calamy...

EN SALLE

Sorti le 25 octobre 2017

En salle

À propos de Pour le réconfort

Ce film est une petite bombe. Une bombe qui n'en finit pas d'exploser, comme si elle en avait gros sur la patate... Une bombe comme un feu d'artificiel qui refuse de s'éteindre.

Peinture au vitriol de « largués » d'aujourd'hui, aussi bien aristos-bourgeois que bobos-prolos. Le « prolo » de service (devenu, marché oblige, auto-entrepreneur) étant aussi antipathique que ceux qui « l'exploitent ». Les femmes sont un peu mieux loties, plus proches du concret et du coup, du vrai. Au centre de ce monde filmé par Macaigne comme une apocalypse, il existe un îlot de tendresse : les vieux de la maison de retraite que dirige le « prolo ». Ces êtres qui n'ont plus rien à perdre, qui n'ont plus qu'à vivre (même si c'est pour pas très longtemps), ceux-là Macaigne les aime.

Regard répulsif et drôle, tendre et méchant, radical. Magnifique de cohérence entre son propos et sa forme.

Ce qui fait unité entre les deux, c'est la liberté : liberté de pensée et liberté artistique. Une liberté qui se construit à l'intérieur de contraintes précises. Le jeu des acteurs en est l'exemple et la matrice : ils n'incarnent pas leurs personnages, ils les « jouent », avec une distance, une intelligence et un humour qui deviennent autant de clefs données au spectateur. Ce jeu jubilatoire, ainsi que l'utilisation du 4/3 et de dispositifs de parole inspirés du théâtre, font que nous sommes tenus avec bonheur dans une distance qui nous permet non pas de nous identifier à ces personnages mais de les « regarder », de réfléchir sur ce qu'ils sont et d'en rire.

Car au final, tout ça c'est la comédie humaine. Ou la tragédie. Au choix.


Claudine Bories

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

à propos de Pour le réconfort

Pour le réconfort, premier long-métrage de Vincent Macaigne, débute sur une image floue, granuleuse, instable : c'est Pauline qui parle via son téléphone portable à son frère Pascal : elle est à New-York, lui en France, récemment revenu du Mexique. Partis voir ailleurs, une fuite, une quête ? Pour eux, la vie semble belle, ils sont jeunes, insouciants, voire désœuvrés. Mais rapidement, au cours de la conversation, il s'agit de traites impayées et de la nécessité de revenir régler les affaires familiales sur le domaine, héritage du père décédé. 

Au retour sur la terre de leurs ancêtres, ils retrouvent les amis d'enfance. Ceux-là, ils sont restés, se sont plus ou moins bien débrouillés, qui avec la maison de retraite pour laquelle il fourmille de projets, qui avec sa plantation d'arbres, les pieds sur terre, la tête dans les étoiles… Lors de scènes récurrentes de dialogues en voiture ou lors des soirées entre potes, les vieilles rancoeurs et les règlements de compte apparaissent.

Durant ces nombreux trajets en voiture, la promiscuité favorise l'échange verbal, mais aussi l'échange physique. Dans ce lieu clos dont ils ne peuvent s'échapper, malgré quelques vaines tentatives, les protagonistes vident leur sac : gros plans sur les visages, les regards. Le cadre est serré, la violence contenue à grand-peine. Du passé faisons table rase, pas si simple !

Hors la nostalgie, que reste-t-il du passé ? Que nous ont laissé nos prédécesseurs, et nous que va-t-on léguer ? Les "vieux", souvent évoqués et aussi très présents, sont les personnages les plus enjoués, les plus lumineux. Ils ont déjà tout misé, ils n'attendent plus rien ou alors si, mais pas grand-chose, juste un peu de réconfort ?

Assez foutraque, plutôt mélancolique, affranchi des carcans formels, ce premier film grave de Vincent Macaigne laisse augurer d'une suite plus lumineuse. Lorsque le noir envahit peu à peu l'écran, le deuil des rêves inaccomplis est en cours. Les lignes de force sont en place, le futur est à construire, de nouvelles voies sont à présent tracées.

Anne-Juliette Jolivet

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Programmatrice


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