Tombé du ciel

Un film de Wissam Charaf

Tombé du ciel

Un film de Wissam Charaf

France, Liban - 2016 - 70 min

Après 20 ans de séparation, Samir, ancien milicien présumé mort réapparaît dans la vie d’Omar, son petit frère devenu garde du corps à Beyrouth. Entre drame et comédie, Samir doit se confronter à un pays qui ne lui appartient plus.

Avec
Rodrigue Sleiman, Raed Yassin, Said Serhan, George Melki, Yumna Marwan...

EN SALLE

Sorti le 15 mars 2017

En salle

À propos de Tombé du ciel

Avec en filigrane la guerre civile qui a frappé le Liban (1975-1990), Tombé du ciel est une subtile parodie du film de genre qui use de la figure centrale du revenant, du fantôme. Un film à l'humour pince-sans-rire qui nous offre une galerie de personnages drôles et inquiétants, tous fantômes à leur manière, menant une existence risiblement absurde.

Loin du drame social, Wissam Charaf nous emporte avec une dérision loufoque dans une boucle infernale de l'éternel retour. Son cinéma de l'étrangeté situé au croisement de chemins entre Aki Kaurismäki et Elia Suleiman, s'amuse avec une grâce naturelle des codes cinématographiques. Des machos se battent, tuent, matent les filles et rêvent de belles bagnoles. Des bourgeois font la fête dans des piscines alors que retentissent au loin les attentats suicides. Cet univers frétille d'anti-héros imprévisibles, semblables à des personnages de bandes dessinées qui tournent en rond dans des situations récurrentes dont ils peinent à se soustraire. Wissam Charaf nous livre une mise en scène trés moderne du cinéma de l'absurde, qui fait la part belle aux cadres synthétiques et chorégraphiés, comme à la colorimétrie soignée des décors.


Tombé du ciel avance l'air de rien et dit plus qu'il n'en a l'air. Il nous livre un instantané à la fois tendre et ironique de Beyrouth où l'amnésie, la paix, les voitures de luxe et les night-clubs font bon ménage avec les armes, les explosions et les hommes de main.


Julia Kowalski

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Cinéaste


Rima Samman

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Tombé du ciel

Les spectateurs du cinéma Apollo de Pontault-Combault connaissent bien ma passion pour le burlesque, et pas seulement à cause de mon amitié avec Pierre Etaix ou par la présence régulière des réalisateurs Dominique Abel et Fiona Gordon ! Je me désolais que le genre burlesque ne soit pas souvent sur nos écrans... et puis voilà que ce film tombe du ciel !  

La guerre civile libanaise ne semblait pas se prêter à un traitement comique et pourtant Tombé du Ciel est un film burlesque et subtil, mêlant comique et mélancolie.

Wissam Charaf signe une comédie absurde et caustique. Le scénario, riche en trouvailles loufoques, déploie des dialogues inventifs et le choix des acteurs offre un savoureux duo d'interprètes doués d'une innocence joyeuse, entourés de seconds rôles parfaits.

Nous suivons le quotidien de deux frères dans le Beyrouth d'aujourd'hui, après une séparation de vingt ans suite à la guerre. Samir sort d'un écran blanc, projeté dans le cinéma, dans la ville moderne. Véritable fantôme, il est décalé, décharné, tombe sans cesse, titube, il est allongé dans la rue ou sur un canapé. Derrière cet écran blanc, c'était la guerre. Omar, à la carrure solide, est à la verticale : il est garde du corps.

L'histoire nous emmène dans un lyrisme loufoque où sont habilement associés comique de situation, de répétition et des dialogues drôles.

Le film est peuplé de personnages truculents, gardes du corps a l'allure étrange, voisin téléspectateur un peu sourd, vendeur de voitures curieux, médecin obèse, gardien fantôme, père amnésique...

La guerre est encore là. On assemble des armes, on entend des explosions, mais sur fond de boîtes de nuit, piscines, voitures sportives haut de gamme, interpellation de jeunes filles... Des espaces où à chaque fois vient se glisser un décalage !

Point fort dans le jeu des acteurs : la sobriété, pas de superflu, pas de sur-jeu. Il ne faut en aucun cas passer à côté de ce film remarquablement enlevé, servi par une pléiade d'acteurs talentueux, aux accents de Buster Keaton, Pierre Etaix ou Aki Kaurismäki.


Alain Bouly

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programmateur


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