A propos de Ne croyez surtout pas que je hurle

Sylvain
Pichon

Programmateur

Ne croyez surtout pas que je hurle est un journal intime non pas filmé mais monté. Bienvenue dans ce poème introspectif aussi inventif qu'hypnotique. Une thérapie rondement menée sous forme de premier long-métrage (ou l'inverse). Par la grâce du cinéma, de cette misanthropie dépressive va émerger une certaine forme d'extralucidité. Assisté au montage par Thomas Marchand, le rendu est fascinant tant il embrasse les moindres recoins d'un texte en voix-off tout bonnement à couper le souffle. Si l'usage le plus traditionnel de la voix-off au cinéma présente un style de narration hérité de la littérature, à savoir neutre, impartial et distant, ici c'est tout l'inverse. D'une voix claire, posée et précise, Frank Beauvais distille sa propre mélancolie et porte ainsi constamment un regard poétique, souvent réflexif, parfois même philosophique sur lui-même. La justesse de ses mots jette une lumière crue, et parfois aveuglante, sur la sincérité des sentiments et questionnements abordés. Frank Beauvais se/nous bouscule, il se/nous tend un miroir, ou un radar, qui berce et perce sa/nos solitudes. À la fois journal intime, essai sur le cinéma et pamphlet aussi politique que prophétique, Ne croyez surtout pas que je hurle nous invite à regarder la vie de biais par le prisme du cinéma lorsque nous n'avons plus la force de l'affronter de face. Bref c'est un film immense qui traduit les impressions de l'âme et non uniquement celle des yeux.

Sylvain Pichon

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Programmateur


Publié le vendredi 06 septembre 2019
Mis à jour le vendredi 06 septembre 2019

Paroles de programmateurs

Ne croyez surtout pas que je hurle

Un film de Frank Beauvais

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