Cinéastes de l'ACID
Alors que s'ouvre bientôt pour l'ACID, la parenthèse estivale – riche néanmoins de rencontres, d'évènements et de sorties ! – comment regarder les mois écoulés et ceux à venir autrement qu'avec pessimisme sinon désespoir ?
Les guerres s'étendent et s'intensifient ; les inégalités sociales et territoriales se creusent ; les politiques environnementales se réduisent à peau de chagrin ; l'extrême-droite distille toujours plus profondément son venin qui empoisonne la vie démocratique ; etc.
Face à tant de puissances mortifères, nos films (et le cinéma) peuvent sembler bien petits (sans compter ceux qui s'accommodent avec complaisance et cynisme de ces évolutions). Pourtant, à rebours des grands discours incantatoires voire messianiques, nos « petites formes »* sont les grains de sable qui grippent l'engrenage des simplifications, des assignations et des injonctions autoritaires.
Par leur existence même, les films de l'ACID manifestent combien le monde ne se laisse ni embrasser d'un seul coup d'œil surplombant, ni saisir dans un poing fermé. Au contraire, et quoiqu'en disent leurs contempteurs démagogues, sinon populistes, ces films ne sont ni élitistes, ni compliqués. Ils sont complexes et c'est justement ce qui fait leur valeur. Jamais là où on les attend, ils peuvent aussi bien ouvrir des brèches que bâtir des digues !
À travers l'arpentage de ces formes multiples, un territoire se dessine, ouvert et hospitalier. Une cartographie politique autant que sensible grâce à laquelle – c'est notre désir – il soit possible de repérer des possibilités d'alliances, de dégager des lignes de solidarité, d'identifier des espaces désirables dans lesquels on continue d'imaginer la suite, sans fatalisme ni naïveté, mais avec résolution.
Bon été à tous·tes !
* « Au revoir, petite forme ! » : Johan van der Keuken s'adressant à Herman dans son film Herman Slobbe, l'enfant aveugle 2 (1966)
Cinéastes de l'ACID
Publié le mardi 01 juillet 2025