C'est la tangente que je préfère

Un film de Charlotte Silvera

C'est la tangente que je préfère

Un film de Charlotte Silvera

France - 1998 - 100 min

C'est la tangente que je préfère raconte une histoire d'amour entre une adolescente surdouée et un homme venu de l'Est... Sabine vit dans une famille qui semble avoir abdiqué depuis longtemps. Heureusement, elle a son propre univers : les maths... et sa chance, c'est d'avoir su reconnaître l'homme qui va la tirer de là. Cette fois, l'histoire est racontée du point de vue de l'adolescente. Pour elle comme pour le spectateur, c'est l'homme qui devient objet de fantasme. Si l'on craint pour elle que le chavirement de l'amour ne la fasse perdre de sa force, on a confiance en lui. Jamais il ne cherchera à la modeler - tel Pygmalion. Si leur histoire est chaotique, son attachement pour elle est profond, il accepte ce qu'elle est, de peur sans doute qu'elle ne prenne la tangente...

Avec :
Marie-Christine Barrault , Georges Carraface , Julie Delarme , Christophe Malavoy et Agnès Soral

Sorti le 05 août 1998

À propos de C'est la tangente que je préfère

Horreur de l'Origine. Il est beaucoup question d'« indépendance », en ce moment, dans le cinéma français. Valeur médiatique en hausse, on peut parier que les plus asservis de nos cinéastes n'hésiteront pas, à l'occasion, à se parer des plumes du paon pour tromper leur monde...

Aussi l'indépendance, la vraie, doit-elle être saluée et admirée, sans qu'on la confonde avec ses contrefaçons. Cracher sur sa famille prolétaire, adorer une bourgeoise de prof tout en haïssant le monde entier, voilà qui va à l'encontre des (nouvelles) idées reçues. L'inconvénient, c'est que ça pourrait la rendre antipathique, la demoiselle, au spectateur bien-pensant... Si, à regarder de plus près, elle ne l'est pas tant que ça, antipathique, Sabine « l'enfant prodige folle de maths » c'est que ses incessants retours à ce foyer tant détesté sont la marque d'une faiblesse trop humaine : sa dépendance, justement, à l'origine. Se débattant dans « l'entre-deux », Sabine ne trouve sa vraie place ni dans l'ailleurs intello de l'homme venu de l'Est, ni même dans l'a-symbolisme mathématique, refuge provisoire, parce que monde sans origine. Pour elle, pas d'autre issue que de repasser par la case départ. C'est alors qu'elle pourra repartir en se libérant de sa haine, premier pas vers la liberté et la véritable indépendance (celle où l'on ne vénère plus rien, comme le conseillait Nietzsche). On pourra trouver clicheteuse cette famille de prolétaires. On aurait tort : ceux-ci ne sont pas montrés tels qu'en eux-mêmes, mais tels que le personnage de Sabine se les représente ; d'où leur comique irrésistible. Quand à Sabine (Julie Delarme), ses modèles ne manquent pas d'envergure ni d'exigence, de la Nicole Stéphane des Enfants Terribles aux héroïnes bressonniennes...

Pascal Kané

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