Ce Vieux rêve qui bouge

Un film de Alain Guiraudie

Ce Vieux rêve qui bouge

Un film de Alain Guiraudie

France - 2001 - 50 min

Dans une usine sur le point de fermer et dans laquelle il ne reste plus qu'une poignée d'ouvriers, un jeune technicien vient démonter une dernière machine. Tandis qu'il travaille, les ouvriers attendent la fin de la semaine en bavardant et en se promenant… Mais attention, ils ne font pas que ça non plus. Parce que dans cette usine, il s'en passe de drôles de choses…

Avec :
Pierre Louis Calixte , Jean-Marie Combelles , Jean Segani , Yves Dinse , Serge Ribes , Jean-Claude Montheil , Rui Fernandes , Jérôme Mancet et Laurent Lunetta

Sorti le 28 novembre 2001

À propos de Ce vieux rêve qui bouge

Affranchi, rigoureux, accueillant : ce vieux rêve qui bouge encore. Et qui bouge bien. Format 1,33, cadres straubiens mais ludiques, durée de sa propre nécessité et présentation originale et sans pathos d'un petit monde d'une usine en voie de désaffection et qui bouge encore de toutes ces vies, avec un humour bienveillant qui côtoie sans encombre une gravité certaine. Dans cet état d'abandon d'une obligatoire mélancolie, un jeune homme, étranger à cette histoire, vient démonter avec amour et patience une dernière étrange machine dont on ne sait pas ce qu'elle va faire. Les cadres stricts et larges dévoilent des espaces régulièrement parcourus par nécessité ou par plaisir. Il est question parmi tous ces trajets de la liberté du désir qui existe mais qui ne se commande pas. Il y a l'irrémédiable de cette fermeture d'usine avec les problèmes qu'elle pose à chacun. Et puis il y a une invitation à l'amour sans culpabilité, centre de tous les étranglements qui limitent l'accomplissement de soi. Personne ne vient au monde en réclamant une punition. Aussi n'y en aura-t-il point. Ce qui est bien rare. L'homme qui à la fin s'offre en même temps qu'il offre son repas ne punira personne s'il ne s'agit que de partager son repas. Cet avant-dernier plan, qui aurait pu être le dernier, du contre-champ dans le vestiaire est inattendu et saisissant. La tendresse fraternelle de sa conclusion est détachée de toute infantilité, et donc ô combien encourageante.

Anne–Marie Mieville

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