Circuit Carole

Un film de Emmanuelle Cuau

Circuit Carole

Un film de Emmanuelle Cuau

France - 1995 - 75 min

Marie est une jeune femme de vingt ans. Elle vit à Paris avec Jeanne, sa mère. Une relation forte, installée dans le temps. Une complicité, aussi, qui les isole un peu de monde. Marie trouve une place de standardiste dans une usine Bull, en banlieue nord. Tout près, elle découvre le " Circuit Carole ". Cette violence, l'arrachement à son univers, la rencontre avec Alex, un jeune homme qui " tourne " en moto sur le circuit, la séduisent. Peu à peu Marie s'éloigne de chez elle, de Jeanne. Elle passe son permis. Leur lien se défait, le temps passe et les sépare encore un peu plus. La solitude, l'isolement de Jeanne, s'intensifient. La découverte du circuit provoque en elle l'effroi, la panique et une peur immense pour Marie. Imperceptiblement Jeanne est de plus en plus absente au monde.

Avec :
Omar Bekhaled , Laurence Cote , Jean-Louis Coulloch , Bernard Cuau , Alain Dua , Raphaëlle Gitlis , Luce Mouchel , Bulle Ogier , Frédéric Pierrot et Catherine Zambon

Sorti le 19 avril 1995

À propos de Circuit Carole

Difficile pour moi d'écrire quelques lignes sur un film que j'ai aimé. Je serais, je pense, plus à l'aise si j'avais à en parler. Comment, sans raconter l'histoire, vous donner l'envie de venir voir ce film qui m'a tellement ému ? Je ne sais pas. J'ai aimé ce film pour son histoire, pour la façon dont Emmanuelle Cuau nous la raconte, presque sans mots, doucement, tendrement mais aussi violemment. C'est un film sur la séparation, la douleur qu'elle provoque, l'enfermement, l'abnégation de soi, le glissement progressif vers la schizophrénie. Trois personnages, Jeanne, Marie, Alex. Trois acteurs, Bulle Ogier, Laurence Côte, Frédéric Pierrot, je les trouve d'une très grande justesse. Ils sont généreux. Chaque image est juste et forte. Les cadres et les lumières de Benoît Delhomme sont une des forces de ce film. Il y en a d'autres. Le son, les décors, les costumes, la musique. Tout est juste, sensible, rien n'est surfait. C'est aussi un film d'amour, sur l'amour, il n'y a pas de haine, de jalousie, c'est un film noble.

Tilly

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À propos de Circuit Carole

Circuit Carole, c'est le portrait d'une mère, ou plutôt, le portrait d'une femme lestée, lestée de son amour pour sa fille. Qui ne bougera pas – comme on dit d'une mère justement, vous savez, sur ce ton mi-affectueux mi-agacé : « elle ne changera jamais ». Alors elle bouge pas, la mère de Circuit Carole. Elle veut rien savoir. Elle continue à penser à ses menus, à mettre la table, à faire réchauffer le lapin, bref, à attendre sa fille, qui ne rentrera pas. Pourtant, elle croit qu'elle fait des efforts, qu'elle s'intéresse, elle va même rôder du côté de « Carole », pour essayer de comprendre… Peine perdue. Elle a son rôle, et elle s'y tient. Il n'est rien de plus « casse-gueule » pour un(e) comédien(ne) que de jouer un personnage qui ne bouge pas. En mère immuable, et seule, Bulle Ogier, toute en regards dérobés, en gestes retenus, est belle, inouïe, bouleversante à pleurer. Et Laurence Côte (qui jouait déjà dans le court-métrage d'Emmanuelle Cuau, Offre d'emploi), et Frédéric Pierrot (qu'on a pu voir entre autres dans le film de Pascale Bailly, Comment font les gens) forment le contrechamp parfait de la jeunesse heureuse et insouciante. Vouloir montrer – et surtout : que soit montré – Circuit Carole, c'est également, pour l'ACID, l'occasion de rappeler que le cinéma indépendant, ce n'est pas seulement des cinéastes, ces « auteurs », mais aussi des comédiens, qui eux aussi ont choisi leur camp, ou si l'on préfère qui eux aussi se font une certaine idée de leur travail et du cinéma, et qui le montrent ici, avec une cinéaste complice, toute occupée à capter, sans esbroufe et presque avec humilité, les faits et gestes des personnages qu'ils incarnent.

Hervé Le Roux

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