Isola

Un film de Fabianny Deschamps

Isola

Un film de Fabianny Deschamps

France - 2016 - 90 min

Sur une île perdue entre Afrique et Europe, Dai, une jeune chinoise enceinte, s’est échouée comme par magie. Chaque jour, elle scrute les visages des migrants qui débarquent par milliers, espérant parmi eux retrouver le père de son enfant. Tandis que le paradis insulaire se meut peu à peu en un cimetière balnéaire, Dai doit se réinventer pour survivre. Elle trouve alors refuge dans une grotte, une enclave où l’imaginaire est roi, où elle et son enfant à venir pourront peut-être résister à la violence du monde qui gronde au dehors. 

Avec
Yilin Yang, Yassine Fadel, Enrico Roccaforte

EN SALLE

Sorti le 06 décembre 2017

En salle

À propos de Isola

Qui est Dai, cette jeune chinoise arpentant avec ses ombrelles fleuries les rives d'Isola ? C'est sur cette île imaginaire que Fabianny Deschamps donne chair et corps à cette femme qui attend l'homme qu'elle aime et l'enfant qui naîtra de leur union ; qui se fabrique un antre, une grotte, un espace à soi. 


Mais sur Isola la fiction rencontre le réel. Sur ce territoire de cinéma, imaginé par la réalisatrice, accostent les bateaux de la marine italienne remplis de ceux qui risquent leurs vies pour rejoindre nos rives. Et la puissance du film permet par la fiction, de voir ces images - réelles - comme on ne les a jamais vues. La trajectoire de Dai se déploie alors avec fulgurance dans cet espace insulaire, miroir de l'enfermement de notre société. Dai s'y invente un monde à elle, avec douceur et rêverie, pour survivre. Elle prend vie, arpente les lieux où sont accueillis les réfugiés. Jamais ni ce personnage de fiction, ni la cinéaste ne s'adressent à eux et c'est là, la grande force du film, ne pas « recueillir » leurs témoignages. Ne pas archiver comme le font les autorités de façon implacable les noms, les liens, les récits.


Isola nous pose la question du réel, de notre rapport à l'image, aux images de ces gens qui affluent par milliers, fuyant les guerres et la misère. Ces lieux de passage et d'accueil, une fois désertés, gardent-ils la trace de ceux qui sont venus s'y échouer ? Ont-ils même existé ? Le flux continu des images de réfugiés dans les médias, aussi dures soient-elles, ne nous les rendent pas plus réels. Et c'est la force d'Isola, de les faire exister par le cinéma, sans obscénité, et dans les yeux de Dai qui cherche dans cette foule l'homme qu'elle a perdu. L'enfant qu'elle porte est celui de nos guerres, de nos violences, l'enfant de la folie qu'il faudra aimer.


Régis Sauder

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Cinéaste


Coco Tassel

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Isola

Le cinéma de Fabianny Deschamps nous offre avant tout le voyage, celui qui mène à l'autre, celui qui mène à soi, celui qui ouvre aux libertés.

Isola est de ces films qui nous proposent d'aller au-delà du réel cru et souvent jeté à nos regards en mode répétitif sans réellement nous atteindre.

A la séquence documentaire - l'arrivée des migrants au port - la réalisatrice vient greffer la puissance de la fiction pour bien vite troubler les lignes, les certitudes.

C'est par cette zone de fusion que Fabianny Deschamps nous ouvre la porte de notre voyage, celui de réinterroger artistiquement, poétiquement la terrible question des migrations.

Dai, cette jeune femme si troublante, terrée dans sa grotte, dans son imaginaire fait face à la violence, à la solitude sans toutefois complètement renoncer au rêve, à la vie et au désir. Ce personnage métaphorique porte tous les migrants du monde, tous ceux qui ont à fuir et tous ceux qui ont à affronter la violence ou la solitude.

Tout est cinéma, pour offrir les espaces de notre parcours libre de spectateur la réalisatrice ne vise pas la perfection mais le juste et ce juste se trouve par le cadre, par la mise en scène, par le décor, par la lumière, par les couleurs, par le travail sur la musique avec Olaf Hund.

Comme pour la frontière entre documentaire et fiction, toute cette mécanique de cinéma se fond, se laisse porter par une instinctivité voire une certaine animalité.

Parler d'Isola est à la fois facile tant l'espace qui nous est donné est étendu mais aussi compliqué tant la proposition est riche.

Il n'y a pas d'autre solution que de voir le film, le ressentir pour trouver les questions qu'il nous pose, les questions qu'on lui pose. Il en est de même pour les réponses.

Questions, réponses... Le regard pétillant de Fabianny Deschamps nous emmène bien au-delà…


Christophe Duthoit

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Programmateur


Le Jeanne Moreau Clamart
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