La Fin du règne animal

Un film de Joël Brisse et Marie Vermillard

La Fin du règne animal

Un film de Joël Brisse et Marie Vermillard

France - 2003 - 107 min

Noël est un homme préservé qui a conservé son innocence. Il n'a à opposer au conformisme que sa sensualité, son intuition, sa connivence avec la nature et ses éléments. Le film débute dans l'eau comme une naissance, se poursuit avec la terre dont il se recouvre le corps, puis le feu, irréversible tournant du film et finit avec l'air qui baigne la petite fille sur la montagne. Noël n'est pas l'idiot du village, il est un sensible qui voit ce que plus personnes ne sait voir, le héros d'un conte, celui d'une anti-arche de Noé. Même Olivia, l'institutrice dont il est amoureux et qui essaye de le comprendre, trouve son point de vue puéril, irrationnel, primitif. La violence de son ultime acte est à la taille de son désespoir de vivre dans un monde qui n'a plus de place pour le règne animal, le règne de l'intuition. Des traces de ce règne sont pourtant encore là, chez la petite, l'héritière de Noël et de ses perles de verre.

Avec :
Bruno Lochet , Hélène Fillières et Ana Gantès

Sorti le 10 décembre 2003

À propos de La Fin du règne animal

Voici un film qui tient la promesse de son titre : simple et ambigu à la fois, ironique et sérieux, enfin magnifique. Il me fait songer aux porches de certaines églises romanes. On y retrouve ce qui fait l'essentiel de la vie : les travaux, les peines, les saisons, les plaisirs. Ce n'est pas pour rien que le héros de ce film a une simplicité du Moyen Âge. Il sait le langage de la terre, des enfants, des mains. Et il sait au plus profond de lui le danger de perdre ce qui lie et enracine. Pourtant son effort constant, tenace, est compris seulement des animaux et des enfants (une fillette, un chien, quelques moutons, à qui sont confiés les rôles les plus lumineux). Un film de tailleur de pierre, fait à la main, qui ne nie pas le temps, en fait au contraire son allié. La main sera d'ailleurs le lieu de la transmission, du passage de la vie à la mort, dans un plan qui parle à chacun de nous : la main d'une mère qui palpite une dernière fois entre les doigts de son fils. Pour autant, il n'y a pas de nostalgie dans ce film, on n'y donne pas de leçons. Il faut seulement « faire avec » la disparition du règne animal... Et le nouveau monde, même si on ne lui donne pas son accord, au moins lui apporte-t'on son humour et sa lucidité.

Denis Dercourt

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