La Mémoire est-elle soluble dans l'eau... ?

Un film de Charles Najman

La Mémoire est-elle soluble dans l'eau... ?

Un film de Charles Najman

Pays non indiqué - 1995 - 95 min

Un jour, ma mère déclara qu'elle allait se rendre durant l'été en cure thermale à Evian avec d'autres déportés. Elle m'apprenait en même temps les circonstances de ses futures " vacances " : suite à des négociations avec l'État d'Israël et les organisations juives mondiales, le gouvernement allemand après la libération, avait décidé d'indemniser les juifs rescapés des camps de concentration et offrait tous les deux ans une cure aux juifs qui présentaient des traumatismes, suite à leur déportation. Avec la confrontation collective des anciens déportés juifs à Évian, c'était pour moi la possibilité de raconter la Shoah d'une manière singulière. À l'exemple de Maus, la bande-dessinée de Spiegelman, ce qui m'intéressait c'était de lier le travail sur la mémoire avec le quotidien, l'intime l'affective et même l'impur. La cure thermale me permettait de poser des questions qui s'adressent aux Juifs, aux Allemands comme à tous : comment vit-on après Auschwitz ? Qu'est-ce que la dette ou la culpabilité ? Peut-il y avoir " réparation " ? En un mot, la mémoire est-elle soluble dans l'eau d'Évian ?

Avec :
Hélène Alembik , Henry Dymant , Simon Fenigjstein , Henia Goldzijder , Solange Najman , Salka Rosenberg et Jean-Chrétien Sibertin

Sorti le 13 novembre 1996

À propos de La Mémoire est-elle soluble dans l'eau?

En ce temps de bilan, parler de la Shoah aussi doucement, calmement, humoristiquement, a-t-on presque envie de dire, n'est pas sans déranger. Najman a su trouver la manière, ni documentaire, ni hagiographique, mais biographique et familiale. D'où qu'il n'y refoule aucune question, ni celle des survivants: "par quel hasard, aberration, monstruosité, suis-je, moi, encore là ?", ni celle des descendants de ces survivants: "comment vivre avec eux, être à la hauteur, ne pas se faire bouffer ?". Si bien que ces ultimes témoignages sur notre siècle, infiniment précieux, recueillis à Evian chez ces curistes de l'horreur ne nous paraissent jamais détachés de la vie et des pensées quotidiennes de leurs auteurs. Pas de piété, de pitié, de revendication identitaire à transmettre, mais la constatation qu'on fait tous partie de la famille.

Pascal Kané

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