Le Convoi

Un film de Patrice Chagnard

Le Convoi

Un film de Patrice Chagnard

France - 1996 - 88 min

Seuls au volant de leurs 38 tonnes, trois hommes partent pour une mission humanitaire à destination de l'Arménie : Amine, 30 ans qui a choisi cette forme d'action après avoir connu des moments difficiles, "Papy", 62 ans ancien directeur d'ne société de transport mis prématurément à la retraite, Jérôme, à peine sorti d'une adolescence tumultueuse. Ils doivent rejoindre Erevan après plusieurs semaines de route à travers l'Allemagne, la Pologne, l'Ukraine, la Russie et la Géorgie et doivent affronter de multiples difficultés politiques, climatiques, géographiques. Au fil des obstacles à franchir, des temps forts d'amitié ou de conflit, des temps vides d'attente ou de solitude, dans l'espace clos des cabines, le visage de chacun se révèle. Trois destins, trois âges de la vie et, en commun, l'amour du voyage et de la route. Pour chacun un part d'ombre, de dérive, de secret...

Avec :
Amine Fatmi , Michel Mathieu et Jérôme Paillon

Sorti le 02 juin 1999

À propos du Convoi

Le Convoi transporte seulement des boîtes de conserves et des médicaments, mais on pense au « salaire de la peur » à son sujet. Sa nitroglycérine, ce sont les routes cassées, les douanes tatillonnes, les canons qui tonnent au loin ; bref tous les obstacles qui piègent le « parcours de combattant » et qui empêchent le convoi d'arriver à destination pour sauver des vies humaines. Le film nous révèle donc la réalité de l'humanitaire, une réalité rude qui exige « d'en avoir », plutôt loin de ce qu'on nous en montre habituellement (un secrétaire d'état qui aide un bateau de riz à larguer ses amarres). Au-delà du sujet, la référence à la fiction de H.G. Clouzot est justifiée par le fait que la véritable force de ce documentaire, ce qui en fait un film tendu, un road movie captivant, c'est que l'auteur dépasse son sujet. L'humanitaire devient le cadre d'un film de suspense (les situations routières, l'évolution de l'amitié, entre les personnages) dans lequel « Papy », Jérôme et Amine deviennent les véritables héros ; des baroudeurs, gonflés, un peu kamikazes, avec leurs parts d'ombres, de mystères se confiant au réalisateur au fil des kilomètres. Formellement, on savait qu'un « Intérieur - cabine 38 Tonnes », était un lieu cinématographique (Marguerite Duras en avait démontré la force dramatique dans Le Camion cherchant le camionneur derrière l'acteur), P. Chagnard utilisant judicieusement ce « confessionnal en travelling naturel », cherche l'homme derrière le camionneur et le trouve. On s'attache à ces trois « personnages », on devine leurs rêves et leurs fêlures, on partage leur peur. On les aime et on vit avec eux une vraie aventure à travers des paysages fantastiques de plaines enneigées, de cols désertiques, de no man's land tarkovskiens de l'ex-Union Soviétique. 

Luc Bongrand

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