Le Journal du séducteur

Un film de Danièle Dubroux

Le Journal du séducteur

Un film de Danièle Dubroux

France - 1995 - 95 min

Lorsqu'elle trouve Le Journal du Séducteur oublié sur un banc, Claire Conti ne sait pas qu'elle met le doigt dans un engrenage fatal. Grégoire le propriétaire du livre, est un jeune homme ombrageux et romantique qui habite avec sa grand mère, recluse dans une étrange demeure fin de siècle. Dans son sillage, Claire rencontre d'autres créatures tout aussi énigmatiques : le voisin de Grégoire, un inventeur à la face lugubre qui semble s'être mis au service du jeune homme et joue les Sganarelle ; Hugo, son ancien professeur de français, un homme littéralement hanté par la grand mère de Grégoire. Comme l'héroïne du Journal du séducteur, Claire ignore encore qu'elle est la proie d'une entreprise de séduction qu'a décidé de mener à son rencontre Sébastien, son meilleur ami hébergé temporairement chez sa mère. Claire sera séduite, certes, mais par Grégoire qui ne fait rien pour ça, et semble un " séducteur né " : celui qui échappe et ne cesse de se faire désirer. Et Sébastien n'aura plus qu'a se rabattre sur Anne, la mère de sa victime. Mais si Grégoire échappe, ce n'est pas uniquement une tactique de séducteur, c'est qu'il a quelque chose à cacher, un lourd secret, un horrible fardeau que Claire va finir par découvrir. Pourtant quelques temps plus tard, se croyant trompée, Claire rompt le pacte qui l'unit à son amant et va tout raconter à Hubert Markus, son psychanalyste. Et le psychanalyste décide d'intervenir en personne dans la vie privée de sa patiente.

Avec :
Mathieu Amalric , Danièle Dubroux , Jean-Pierre Léaud , Chiara Mastroianni , Serge Merlin , Melvil Poupaud , Micheline Presle , Hubert Saint Macary et Karin Viard

Sorti le 28 février 1996

À propos du Journal du séducteur

Mon ange. Il y a une jubilation qui traverse tout le film de Danièle Dubroux. Jouissance du miroir, Le Journal du séducteur est un film sur les mecs, ou plus exactement sur les détours, les convulsions que la nécessité de plaire aux femmes nous imposent. Délectation des acteurs qui, dans un chassé-croisé souvent inquiétant, portent l'humour, la drôlerie de leurs situations. Du psychanaliste qui déclare à un patient que s'il ne croit pas en Dieu, il ne peut vraiment rien pour lui, à Léaud qui, dans une scène époustouflante, retourne son arme de suicidaire contre ses invités. La beauté, le plaisir du Journal du séducteur tient beaucoup au rire qu'il déclenche, rire qui nous met à la bonne distance de cette comédie fantastique et profonde. Cette distance qui crée ce style qui n'appartient qu'à Danièle Dubroux, fait de maîtrise scénaristique et de quasi boulimie filmique, alchimie qui lui permet de nous offrir un film drôle et inquiétant sur la détresse de ceux qui ne peuvent ou ne veulent jouer le jeu. Mais aussi, élégance du style qui nous fait comprendre que le jeune séducteur a réussi son programme minimum : séduire la mère à défaut de la fille, par un "mon ange" lancé hors champ par une actrice formidable, Danièle Dubroux. 

Jean-Henri Roger

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