Muriel fait le désespoir de ses parents

Un film de Philippe Faucon

Muriel fait le désespoir de ses parents

Un film de Philippe Faucon

France - 1994 - 80 min

A dix-sept ans, Muriel vient faire ses études à Paris. Elle rencontre Nora, une fille de son âge pour qui elle éprouve une attirance qui la trouble. Face à Nora, à qui elle n'ose avouer son désir, Muriel a du mal à assumer son homosexualité naissante. Tandis que sa famille, et surtout sa mère, supporte mal cette annonce.Nora rencontre Fred et entame avec lui une relation amoureuse. Muriel souffre et par dépit s'offre à Antoine. Mais un soir, elle se déclare à Nora. Fred, Muriel et Nora s'installent dans une sorte de ménage à trois, avec ses difficultés, ses petits drames et ses vrais bonheurs...

Avec :
David Bigiaoui , Jean-Louis Caillat , Serge Germany , Catherine Klein , Dominique Perrier et Marie Rivière

Sorti le 17 décembre 1997

À propos de Muriel fait le désespoir de ses parents

Pourquoi Muriel fait le désespoir de ses parents... et mon bonheur de spectatrice ? Parce qu'elle est lesbienne ?... Non... Mais parce qu'elle le dit clairement, à celle qui l'attire, et à sa mère, qui n'a visiblement pas regardé ses propres désirs depuis longtemps... Nombreux sont les films qui, ces derniers temps, ont montré avec un regard plus ou moins juste, réaliste ou naturaliste, des adolescents contemporains aux prises avec leur première rencontre amoureuse. Mais le film de Philippe Faucon m'émeut et m'étonne tout particulièrement : sous ses allures plutôt documentaire de chronique d'adolescence, le film est très rigoureusement scénarisé ; il réussi ainsi à concilier « la fable et le matériau », c'est à dire la force et l'efficacité de la fiction (l'histoire du parcours croisé des désirs de deux filles) et la richesse plus spontanée du « matériau documentaire » (le naturel des jeunes comédiens, l'impression d'aléatoire). En nous montrant une fille (Muriel) qui sait vouloir aimer une autre fille (Nora) qui, elle, a plus envie de s'amuser que d'aimer, Philippe Faucon parvient à déplacer d'un cran la question du choix amoureux : il ne s'agit pas tant d'un film sur l'homosexualité féminine que d'un film sur « le jeu des possibles », la circulation joyeuse et parfois douloureuse du désir qui se cherche mais qui ne s'installe jamais, qui ne doit jamais se ranger pour mourir. Le trio que les deux filles forment avec Fred est le centre de cette circulation. Les envies se croisent, les rôles s'inversent. Ce chassé-croisé, on le doit beaucoup à Nora, superbe personnage « d'allumeuse » délurée, ambigüe et dynamique, qui entraîne les autres - et le film - dans le tourbillon inventif du désir, de la fête et de la danse. L'affirmation du désir de Muriel implique une certaine violence et beaucoup de mouvements, à la mesure de la vie... et du cinéma.

Judith Cahen

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