Room 514

Un film de Sharon Bar-Ziv

Room 514

Un film de Sharon Bar-Ziv

Israël - 2012 - 91 min

Anna est enquêtrice dans l’armée israélienne. Quand elle confronte un officier d’élite à des accusations de violence gratuite à l’encontre d’un Palestinien, sa propre intégrité et sa détermination sont mises à l’épreuve.

Avec :
Asia Naifeld , Guy Kapulnik , Ohad Hall , Udi Persi , Rafi Kalmar , Hilly Israel et Oren Farage

Sorti le 09 octobre 2013

À propos de Room 514

Room 514 : pièce exiguë, plafonds bas, murs azur sans âme ni horizon, cadre irrespirable où les visages affleurent toujours trop serrés, comme enchâssés dans une enceinte tragique. Nihiliste et implacable, le huis clos s'abat sur nous : enfermés dedans, enfermés dehors, cette claustrophobie permanente nous donne à sentir l'inconfort le plus dérangeant, cette impossibilité d'être au monde dans le monde.

Pourtant, elle rit Anna lorsqu'elle fait l'amour en retenant son souffle entre deux interrogatoires, vestale zélée, fonctionnaire amazone qui pense tenir tête à l'appareil patriarcal, à l'appareil militaire, à l'appareil d'Etat. Elle s'en fout Anna, elle croit à la justice et à l'égalité comme elle aime à répéter en prenant des poses lascives : Baby, we are a free country. La puissance de ce film réside dans la place intenable qu'il choisit de tenir, un endroit complexe, polémique, parfois même douteux, où les personnages ne sont qu'antagonismes et où la mise en scène, gommant tout hors champ, prend elle aussi une dimension autoritaire en nous racontant ainsi un dispositif voué à l'échec. Bien au-delà du conflit israélo-palestinien, cette tragédie contemporaine relate l'ambivalence universelle qui existe entre l'homme et la femme, le devoir et l'utopie, la domination et la soumission, la croyance et la liberté. 


Baby, we are a free country. 


Non, Anna. Le monde est en guerre.


Fabianny Deschamps

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Room 514

Découvert dans le cadre des film présentés par l'ACID à Cannes, un film très fort dont on ressort un peu ébranlé. J'ai vécu ce huis clos en proie à tous les sentiments contradictoires qui animent les personnages. Le dispositif mis en place, qui nous prive de tout hors champ, nous permet d'adopter le point de vue d'Anna qui mène son interrogatoire avec idéalisme, avec certitude, avec obstination et détermination, avec foi en la justice. Seuls quelques moments filmés en noir et blanc permettent de saisir les moments de doute qui l'assaillent. 

C'est un film qui parle des rapports de soumission, de domination, de pouvoir, qui nous parle de conflit (et pas n'importe lequel) de façon habile et intelligente. C'est aussi un beau portrait de femme, seule dans cet univers masculin, soumise à l'autorité militaire (plus pour très longtemps) mais très libre dans son rapport aux hommes et aux événements. L'interprétation d'Asia Naifeld donne une grande crédibilité au film. Pas de manichéisme non plus, tous les personnages craquent chacun leur tour... Un film à montrer et à accompagner.

Paroles de programmateurs

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