Rue des Cités

Un film de Carine May et Hakim Zouhani

Rue des Cités

Un film de Carine May et Hakim Zouhani

France - 2011 - 68 min

Adilse a 20 ans. Plutôt taiseux et sûr de lui, il vit en banlieue. Sa vie se résume à glandouiller dans le quartier avec son meilleur pote Mimid, drôle et attachant. Ce jour-là, son grand-père a disparu. Adilse le cherche dans la cité. À travers leur parcours, on découvre un territoire souvent décrié, où l’appétit de vivre prend pourtant le pas sur le béton. 


Avec :
Tarek Aggoun , Mourad Boudaoud , Presylia Alves et Moussa Barry

Sorti le 05 juin 2013

À propos de Rue des Cités

« Faites pas les acteurs, jouez naturellement comme d'hab ! ». Aubervilliers ville ouverte dresse ses tours urbaines comme autant de phares venant nous chercher pour nous orienter à leurs pieds et répondre à une mise en scène des clichés et des idées reçues construites de toutes pièces. Des trottoirs naît la promesse d'un rêve, celui de raccorder les écoles où se trouvent des couleurs différentes, de relier les espaces distincts. « Chaque pas perdu » dans ces rues est « un poème de gagné ». Une écriture de l'amour où la vie résonne au pluriel. L'ici est dans l'ailleurs et réciproquement. On se fond dans une zone de contraste où le noir et le blanc se répondent par nuances, et où l'impur signe ses va-et-vient dans le croisement des genres, des formes et des codes. Nul n'est exclu du cadre. Le hors-champ alimente l'image de ses sons et ses appels. Les oiseaux relient la terre au ciel. Une jeune femme déclare à ses copines que son père conduit des avions. Croyance ou vérité ? Qu'importe ! La vie est là. « Si on n'est pas dans l'imaginaire, on n'existe pas. »

Jean-Baptiste Germain

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Rue des cités

En suivant les pérégrinations de nos deux « héros », Adilse et Mimid (mystère du cinéma, en voyant ce film, je pensais à Macadam Cowboy) dans les rues d'Aubervilliers – leurs aventures, un peu ridicules, reflets de vies bancales encore en devenir – on en apprend plus qu'avec n'importe quel reportage télé. La banlieue, grâce au regard-cinéma que Carine May et Hakim Zouhani portent sur elle, est plus riche, plus complexe, plus attachante aussi que ce que l'on veut bien nous faire croire. L' avenir d'Aubervilliers ? Il est symbolisé, à mes yeux, par un personnage, appelons - le « l'enfant noir au vélo ». Il apparaît, silencieux, dans de courtes scènes. Fait du vélo. Répare sa trop grande chambre à air dans son trop petit seau (Doisneau aurait pu faire la photo...) et, à la fin, après avoir chuté avec son vélo, devient le passager privilégié du scooter du « héros ». On roule. Il tourne la tête. Gros plan sur l'enfant. Face caméra, son regard. L'image se fige. L'avenir est là.

Jacques Morel

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Programmateur


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