Spartacus & Cassandra

Un film de Ioanis Nuguet

Spartacus & Cassandra

Un film de Ioanis Nuguet

France - 2014 - 80 min

Deux enfants roms sont accueillis par une jeune trapéziste dans un cirque à la périphérie de Paris. Un havre de paix fragile pour ce frère et sa sœur de 13 et 11 ans. Déchirés entre le nouveau destin qui s’offre à eux et leurs parents vivant dans la rue, Spartacus et Cassandra vont devoir choisir.

Sorti le 11 février 2015

À propos de Spartacus & Cassandra

Ça commence avec leurs voix, leur journal-poème de la vie d'avant.

Musiques, photos, animations, Super 8. On est dans un cirque. Spartacus et Cassandra rigolent, jouent au ballon, chantent, marchent sur un fil. Cinéma direct, plan séquence. On est dans un campement rrom. Les enfants ne veulent pas être placés dans une famille d'accueil, aller à l'école, quitter la rue. « Vous restez avec moi » dit le père, « jusqu'à présent je vous ai fait grandir. »


« Qu'est ce qui est meilleur pour Spartacus et Cassandra ? » La question du film est posée, déchirante ainsi que son style, réaliste et poétique, libre comme un flow de rap. Nous sommes avec les enfants. Nous partagerons la détresse d'être enlevés aux siens « pour son bien », mais aussi le tremblement devant la douceur d'une vie nouvelle. « Je ne sais pas si j'ai le droit » dit Spartacus. Savons-nous ce qu'il en coûte de devenir les parents de ses parents ? Est-il indispensable de perdre pour grandir ? Le cinéaste compose avec empathie un film tendre et rude, merveilleux, un grand film. Sa présence entière, l'ampleur de sa vision, sa musicalité et sa grâce offrent comme une réparation au chagrin de vivre dans un monde terrible. « Je vois mes parents toujours dans la merde » dit Spartacus, « parfois le paradis me dégoûte ». On en sort le coeur serré et pourtant joyeux. Comme une voix aimée dans la nuit, le malheur s'éloigne, il ne disparaît pas, à force de l'affronter le temps passe et nous transforme.


Pour Spartacus et Cassandra, c'est déjà demain.

Dominique Cabrera

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos de Spartacus & Cassandra

Il y a une impression étrange, très forte qui se dégage à la vision de ce film. Celle d'être, non pas à la frontière du réel et de la fiction, mais au cœur de la tragédie et de la vivre dans ce qu'elle a d'universel. En raison du titre, d'abord, du nom de ses héros, Spartacus, figure antique de l'anti-esclavagisme, et Cassandra, « celle qui protège » et possède le don de prophétie. Mais ce sont avant tout des hommes, avant surtout d'être des Roms avec 1 ou 2 « R ». Leur destin et ce qu'il engendre de déchirement, de culpabilité, de dilemme par rapport à leurs parents pourrait être le mythe d'une tragédie de Sophocle ou d'Eschyle. Il en possède, en tout cas, tous les ressorts : les personnages tragiques ne prouvent-ils pas leur héroïsme dans un combat contre la fatalité ? Non, la catharsis ne concerne pas seulement le spectateur mais aussi et surtout les enfants-personnages eux-mêmes : au cœur du chœur en voix-off, en vers, prose et même en rap, il les invite à un acte créatif majeur, il les invite à agir sur l'œuvre elle-même et, concomitamment, sur leur propre destinée. On touche alors à l'extraordinaire. Il n'est plus seulement question de la leçon platonicienne et de ses trois couches. Il n'est plus seulement question de savoir si l'œuvre transforme notre conscience du réel. Car voilà que l'œuvre transforme le réel. Car voilà que le film construit la réalité. Car voilà que se mêlent l'œuvre, la vie, les personnages et les « acteurs » de la vie. Car voilà que l'histoire de ces enfants est devenue celle du réalisateur après être devenue celle de Camille avant de devenir la leur et bientôt la nôtre.

Gautier Labrusse

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Programmateur


Le Lux Caen
Paroles de programmateurs

L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP !

L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP

Le cinéma par ceux qui le font !


L'ACID est une association composée de cinéastes. Si elle réunit une immense diversité de regards, elle se caractérise par des approches voisines du travail cinématographique, des façonnages singuliers, souvent artisanaux, pour lesquels ces filmmakers sont sur tous les fronts.

Qu'est ce qui nourrit l'inspiration des cinéastes ? Comment au quotidien – de l'écriture au tournage – fabriquent-ils leurs films – qu'ils soient fiction ou documentaire ? Comment les mettent-ils en scène ? Comment travaillent-ils avec leurs acteurs ou leurs protagonistes ? 

Ce sont ces expériences de fabrication que les cinéastes viendront mettre en partage avec les publics.


Comme dans une université populaire, il s'agit d'une saison se déroulant tout au long de l'année, imaginée avec des salles adhérentes ACID. Chaque séance est construite autour d'un film choisi par les cinéastes de l'ACID et se déroule en trois temps : 

1. Dialogue autour d'une question de cinéma traversant le film

2. Projection du film

3. Echange avec le public.


L'ACID POP débute en novembre 2018 dans 7 salles pilotes sur un rythme mensuel, jusqu'en juin 2019. La première séance aura lieu le lundi 12 novembre à 20h au MK2 Quai de Seine.


> Pour accéder au programme complet, cliquez ici <


La saison pilote ACID POP 2018 - 2019

  • Cinéma américain : reste-t-il encore des artisans ? Avec Thunder Road de Jim Cummings
  • Personnes et personnages : et si on plongeait les acteurs dans le réel ? Avec Il se passe quelque chose de Anne Alix
  • Filmer les sentiments : romantisme ou réalisme, faut-il vraiment choisir ? Avec L'Amour debout de Michaël Dacheux 
  • Créer en liberté : comment perdre son scénario pour mieux le retrouver ? Avec Avant l'aurore de Nathan Nicholovitch
  • Il n'y a pas de différence entre un film historique et un film de science-fiction - Avec Un Violent désir de bonheur de Clément Schneider 
  • « Documentaire », vraiment ?! Filmeurs et filmés, n'est-on jamais que des inventeurs de récits ? Avec Of Men and War [Des hommes et de la guerre] de Laurent Bécue-Renard 
  • Entre captation et recréation du réel : où est la mise en scène dans le cinéma documentaire ? Avec Spartacus & Cassandra de Ioanis Nuguet 
  • De l'art du portrait au cinéma : un corps à corps ? Avec Cassandro the Exotico! de Marie Losier
  • Filmer l'autre : trouver la bonne distance - Avec Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley

> Les premières dates ici <


Les salles adhérentes partenaires :

  • L'Atalante, Bayonne ( (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine) - Programme documentaire 
  • Le Bretagne, Saint-Renan (Finistère - Bretagne) 
  • Le Cigalon - Cucuron (Vaucluse - PACA)
  • Le Cin'Hoche, Bagnolet (Seine-Saint-Denis - IDF) 
  • Le Kursaal, Besançon (Doubs - Bourgogne-Franche-Comté) 
  • Le Méliès, Villeneuve d'Ascq (Nord - Hauts de France) 
  • Le MK2 Quai de Seine, Paris (IDF)
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