Sur ma ligne

Un film de Rachid Djaïdani

Sur ma ligne

Un film de Rachid Djaïdani

France - 2006 - 55 min

Rachid Djaïdani, un jeune auteur, se filme pendant l’écriture de son deuxième roman, et nous emmène avec lui dans les différentes étapes de sa création.

A travers ces images très brutes se dessine la vie de cet artiste autodidacte, doué d’une étonnante capacité à parler de lui tout en parlant de son monde…

Sorti le 01 janvier 2007

À propos de Sur ma ligne

Ce film commence et se conclut par un extrait d'un classique télévisuel, une émission de Bernard Pivot. Entre les deux, des images aux cadres toujours « décadrées », un rythme presque toujours effréné, qui nous propulsent apparemment tout droit dans l'univers contemporain du petit écran, celui de M6 ou de Canal+. Apparemment seulement. Sur ma ligne, tout en empruntant son écriture à des figures télévisuelles qui distraient perpétuellement le spectateur du sens, réussit, contrairement à ces reportages épuisants et vains, à créer du sens et quel sens : il nous donne à comprendre et à sentir de manière juste et émouvante comment s'écrit une œuvre. Grâce à son agitation stylistique, émergent de manière originale des personnages particulièrement émouvants : son fidèle ami et sa mère attentionnée ; un espace singulier , la petite chambre de Rachid Djaïdani, lieu quasi unique du film et son pendant, la banlieue, qui acquiert une forme de présence originale en restant hors champ ou en étant seulement aperçue au travers des fenêtres. Par son inscription dans la représentation télévisuelle et en même temps sa capacité à en faire autre chose, à la transfigurer, Rachid Djaïdani réalise un documentaire étonnant et nous raconte doublement ce qu'est la création, en inventant pour ce sujet improbable, une écriture cinématographique singulière.

Mariana Otero

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À propos de Sur ma ligne

« Je veux exister », hurla une voix dans la paisible émission littéraire de Bernard Pivot. L'auteur de ce cri, Rachid Djaïdani, est un jeune écrivain que Pivot avait aidé à s'introduire dans une forteresse qui tient à distance les habitants du territoire d'où il venait. Rachid avant de se faire un nom chez Pivot avait dû passer sous les fourches Caudines de la méfiance. Car les mots qu'il a ciselés pour écrire son histoire et dire le monde ne sortaient pas de son imagination, lui avait-on dit. Il devient alors furieux et fait appel aux images pour laver l'affront. Sa colère a enfanté d'un petit météore où les mots en rafales soutiennent des images nerveuses et hachées qui virevoltent allègrement dans un judicieux montage. Il y a l'amour de la mère, la fidélité du copain, l'ordinateur qui crée un rapport particulier à l'écriture comme Umberto Ecco l'avait pressenti. Le visage de Rachid est lumineux à la sortie de son deuxième roman, son bébé, dit-il sereinement puisqu'il n'a plus besoin de crier. Sur ma ligne est une bouffée d'oxygène pour tous ceux qui étouffent sous l'avalanche des mots usés de ceux qui s'acharnent à nous vendre un monde moisi.


Ali Akika

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