Theodora
Olivi
Programmatrice
Embrasser les 17 ans sans les juger ni les écraser et raconter les autres, un groupe, une génération, un monde, le nôtre, celui qui adviendra, car ce sont ces enfants, nos enfants qui le porteront bientôt, voilà la réussite miraculeuse de ces deux films de Guillaume Brac. Délicatement en retrait, Brac révèle, par le montage, la voix off ou les raccords, l'impact du passé sur le présent, insuffle de la densité au quotidien de cette jeunesse de Die à Hénin-Beaumont. Comment lutter, partir, quitter le lien pour l'inconnu ?
Si, à 17 ans, cet au revoir sonne comme un adieu, il y a, criante, la vitalité brute mêlée à une fabuleuse fatalité buissonnière de l'existence qui sont des promesses absolues, et qui sont ce que Brac filme le mieux depuis toujours. L'émotion à fleur de peau irrigue ces deux films qui n'ont peur de rien, ni de l'humour farouche, ni de la peine immense, ni de l'intelligence aigüe, ni de la divagation alanguie, ni de l'effroi qui nous saisit parfois et que l'on traversera pourtant.
Publié le mercredi 02 avril 2025