Dans le Nord de la France, Gabin, 8 ans, grandit dans une famille où son avenir semble déjà tracé : reprendre la boucherie de son père.
Mais l'enfant rêve d'ailleurs : dresser une vache de concours, devenir éleveur canin, sauver la ferme de sa mère.
Maxence Voiseux compose un portrait subtil et profondément intime de Gabin. Il le filme de ses huit à ses dix-huit ans et l'accompagne avec tendresse dans son passage de l'enfance à l'âge adulte, au plus près de ses rêves, de ses doutes et de ses métamorphoses. Dix années pour voir se dessiner, ou se défaire, la vie que Gabin imaginait.
Le film est aussi une chronique familiale : celle d'un père et d'une mère que le temps révèle dans toute leur complexité, avec leurs doutes, leurs fragilités, leurs fatigues et leurs solitudes. En creux, il dessine le portrait d'un monde rural contemporain, sans jamais céder à la nostalgie ni aux clichés.
La matière est dense, foisonnante mais la mise en scène lui offre un espace où respirer. Les longs plans fixes baignent les personnages d'une lumière généreuse, attentive, jamais intrusive. Dans chaque plan, on sent combien chaque expression, chaque silence, chaque infime détail a du poids. Le regard du cinéaste accompagne sans jamais enfermer.
Voir Gabin grandir sous nos yeux, devenir peu à peu un jeune homme, est d'une émotion rare. Peu de films parviennent avec une telle justesse à saisir le temps qui passe et la confiance qui se tisse entre un cinéaste et son personnage. C'est cette confiance qui fait du film bien plus qu'un documentaire : une expérience de cinéma profondément humaine.
Publié le vendredi 11 septembre 2026