À PROPOS DE GREEN LINE

Cécile
Lointer

Revenir sur la guerre civile libanaise à hauteur d'enfant c'est le pari fou et surtout réussi que Sylvie Ballyot réalise avec Green Line. À partir des souvenirs d'une femme, Fida Bizri, et à l'aide de maquettes et de petites figurines, la réalisatrice représente et recrée le Beyrouth de la guerre en miniature. On y retrouve Fida enfant, habillée d'une robe rouge, et la carte des quartiers de la ville scindée par cette fameuse « ligne verte », où la végétation a repris le dessus.


Le film s'attache ainsi à (re)donner la parole à celles et ceux qui ont subi la guerre entre 1975 et 1990, et en ont été les pions – ce que la réalisatrice met en scène au sens littéral - mais aussi les participants : le souvenir-clef de Fida est celui d'un milicien qui pointe son fusil vers elle, enfant, avant de se raviser. D'autres images prennent vie grâce au dispositif : la panique d'écoliers qui évacuent une salle de classe, un corps tombé dans la rue. Ce qui jusque-là était figé dans la mémoire s'anime soudainement, Libanais et Libanaises d'aujourd'hui déplacent sur la maquette les figurines d'hier : civils et combattants, enfants et adultes, victimes et bourreaux. 


Fida se fait alors passeuse entre eux et nous, entre l'oubli et la parole, en allant chercher des réponses à des questions qu'elle se pose depuis son enfance, portant le regard haut face à ceux qui ont fait subir la terreur dans son quartier. La force du film émane de cette résolution implacable à comprendre l'autre, dans les recoins les plus indicibles des âmes, pour faire éclater la vérité et se libérer de l'emprise de la violence passée. 

Cécile Lointer


Espace Jean Vilar

Publié le vendredi 16 janvier 2026

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GREEN LINE

Un film de Sylvie Ballyot
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