À propos de Robert Mitchum est mort

Françoise
Bergot

Un si long chemin pour l'illusion d'arriver enfin quelque part…

Il aura fallu à Franky un immense détour par lui-même pour se perdre, se trouver, s'inventer, en décidant en homme libre si cette vie est la sienne ou pas.

Franky est dans sa torpeur, absent à lui-même à force de tenter d'être présent à l'objet de la quête d'Arsène, qui s‘emploie à le faire exister et s'émerveille de la seule scène qu'il ait vraiment tournée en lui disant : « Tu es bon quand tu meurs »…

Dans une laverie, Franky observe son reflet dans une vitre. « Je suis transparent », confie-t-il à Arsène. Ce parcours vers le cercle polaire lui donnera une densité, une épaisseur d'âme inespérée : désencombré de la quête obsessionnelle d'Arsène, dans ce non lieu, tout devient possible. « Le pôle, ça va être beau, y a rien » dit Douglas. Fascinante et constructive vacuité pour Franky en effet, tandis qu'Arsène implose, se dissout : chassé croisé de deux trajectoires inversées. L'un devait disparaître pour que l'autre existe. Libéré de l'obsession de sauver le rêve de son mentor, Franky peut enfin trouver la note juste de devenir ce qu'il est. En ce sens, Arsène aura réussi.

« Il n'y a plus de film » annonce le réalisateur dont la rencontre a motivé ce long voyage. Certes, il n'y a plus de film, mais il y a un homme qui va inventer sa vie dont l'insaisissable sens ne lui est pas donné et cependant viendra…

Françoise Bergot


Publié le lundi 14 août 2017
Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017

Paroles de spectateurs

Robert Mitchum est mort

Un film de Olivier Babinet

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