A propos de UN VIOLENT DÉSIR DE BONHEUR

Agnès
De Graaff

Dans un paysage de début du monde, au cœur d'un bel été, Gabriel le bien nommé, jeune moine au visage séraphique, dort dans les branches d'un olivier. Son chat tue un oiseau, des coups de fusil retentissent au loin. « Prépare-toi, le monde ancien tombe en ruine » lui dit son ami musicien des routes. Et c'est soudain l'irruption de la Révolution dans son monastère. Confrontation de deux mondes. Gabriel réquisitionné par les révolutionnaires pour sa parole belle juste et sans concessions va devenir François comme celui d'Assise dont on entend des Fioretti, puis rencontrer la belle Marianne, une jeune noire muette qui est pourtant celle dont la parole libre portera à la fin du film ce violent désir de bonheur d'une jeunesse en quête d'un nouvel idéal.

Ce premier film dans sa forme épurée, sa simplicité picturale et sa fraîcheur lyrique nous offre sous la forme d'une parabole une représentation réjouissante des révolutions d'aujourd'hui, même s'il se passe au 18ème siècle.

Sans éluder les horreurs de la guerre, il convoque la beauté possible d'un monde nouveau, en croyant au pouvoir des images qui portent parfois en elle l'humilité radieuse des fresques de Giotto. La parole et les actes de Gabriel s'inspirent tout autant du Cantiques des Cantiques que de L'Esprit de l'utopie d'Ernst Bloch écrit pendant la première guerre mondiale. On sent chez Clément Schneider cette même révolte mêlée d'espérance qu'il déploie en nous offrant un film jeune, libre, à la fois littéraire modeste et lyrique, ponctué de chansons aussi puissantes que celles de Patti Smith, de Marianne Faithfull ou des Last Poets : When the Revolution Comes...

Agnès De Graaff


Publié le jeudi 15 novembre 2018
Mis à jour le lundi 26 novembre 2018

Paroles de spectateurs

Un Violent désir de bonheur

Un film de Clément Schneider

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