À propos de Mystification ou l'histoire des portraits

Marie-Claude
Treilhou

Cinéaste

C'est une histoire de langage. D'une grande maladie du langage, en panne, interloqué entre avenir et passé, à un moment où l'on n'y voit plus clair dans la matrice du présent ? comme elle dit ?, qui devrait bien, pourtant, le présent, comme on nous l'a appris en rachachant*, normalement, être gros d'avenir. Mais ici la mystification, la manipulation, le cynisme et la crapulerie vont bon train. Alors il faut lutter contre le bruit du train qui passe et qui repasse, parler plus fort, coûte que coûte, et croire encore aux amours pourtant si démontées : à la vie. Et c'est sans doute aussi, du coup, la panne du langage au cinéma. On ne peut pourtant pas continuer à y faire comme si de rien n'était, rien que du lisse et du joli, de la belle ouvrage.


C'est une histoire pathétique d'enfants désemparés qui n'ont plus guère que les textes, entre le vrai le faux, le faux vrai, le vrai faux, la tentation de croire en tout ce qu'on voudra pourvu qu'il y ait l'amour, même en sachant...


_ C'est que les loups sont entrés dans Ivry, cessez de rire, charmante Elvire, les loups, les loups sont entrés dans Ivry. Avec les avertissements de Denis Diderot, qui, en son temps, fit son possible. Avant les trains, avant le cinéma.



* film de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet.

Marie-Claude Treilhou

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Cinéaste


Publié le mardi 12 septembre 2017
Mis à jour le mercredi 15 novembre 2017

Paroles de cinéastes

Mystification ou l'histoire des portraits

Un film de Sandrine Rinaldi

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