À propos de The Drifter

Philippe
Fernandez

Cinéaste

La dérive d'une femme qui perd son emploi. Les conséquences qui s'enchaînent dans une logique implacable (petits boulots indignes, séances de coaching, distance des amis, désamour du fils). Elle est architecte, et c'est sa place qu'elle perd dans une société dont la devise semble être « gagne ou disparais ». Où le bonheur du vivre ensemble est remplacé par celui de l'enfermement sécuritaire. Ça se passe dans le Berlin d'aujourd'hui, qui en fournit le décor parfait, mais c'est évidemment la planète entière qui est concernée par cette déshumanisation du monde. Pas de quoi se réjouir. Et pourtant si. Cette représentation radicale du cancer économique qui grignote les esprits jusqu'à la folie, nous captive par la grâce d'une mise en scène qui ne le cède en rien au misérabilisme, mais donne au contraire à son sujet l'élégance glacée de l'architecture contemporaine, minimaliste jusqu'à l'abstraction, dessinée jusqu'à l'épure. Il y a aussi de l'humour salvateur dans ce film, qui sait rendre jouissives les situations qu'il dénonce, grâce à de savoureuses performances d'acteurs placées en contrepoint de l'économie magnifique de l'interprète principale, contribuant ainsi à graver en nous avec efficace cette parabole somptueuse et sophistiquée. 

Philippe Fernandez

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Cinéaste


Publié le lundi 11 septembre 2017
Mis à jour le mardi 17 octobre 2017

Paroles de cinéastes

The Drifter

Un film de Tatjana Turanskyj

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