À propos de Léger Tremblement du paysage

Aurélia
Georges

Cinéaste

On ne voit bien qu'avec le cœur… Un des plus grands plaisirs au cinéma ne vient-il pas de découvrir d'autres mondes ? La première bonne nouvelle de Léger tremblement du paysage, c'est qu'il ne copie pas le monde qui nous entoure mais qu'il invente un monde à soi. Ou du moins la connaissance du monde que le film nous transmet est-elle autre, comme lorsque qu'on dit que l'essentiel est invisible pour les yeux. Et le monde que substitue à notre regard Philippe Fernandez tient des inventeurs, des peintres. Dans un décor pareil à un immense terrain d'expérimentation, la caméra flotte comme dans un mouvement perpétuel, la mise en scène instaure une distance élégante avec ce mélange de trivial et de sublime qu'on nous propose. Les personnages interrogent leur lien au monde, comment y être ; comment le regarder. Etrangeté et drôlerie des visages, des actions, qu'on ne peut réduire en une ligne à telle ou telle intrigue mille fois vue, qu'on ne peut pitcher. Notre attention est dès lors requise, notre curiosité peut s'éveiller, notre cerveau et nos sens s'ouvrir : au récit atomisé, lui aussi en arborescence, aux couleurs, aux cadres et à l'espace, au montage difracté, propres à susciter en nous cette sidération commune à tant de grands films de l'ère moderne.

Aurélia Georges

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Cinéaste


Publié le vendredi 13 octobre 2017
Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017

Paroles de cinéastes

Léger Tremblement du paysage

Un film de Philippe Fernandez

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