À propos de La Ville est tranquille

Jean-Henri
Roger

Cinéaste

Les mystères de Marseille



Du mélodrame au film noir, il y a une passerelle rarement explorée que La Ville est tranquille emprunte. Renouant ainsi avec des films qui, de Chenal à Fassbinder ont donné au cinéma de grands films populaires, populaire au sens premier : qui appartient au peuple. Il devient de plus en plus évident que le cinéma de Robert Guédiguian et celui de Fassbinder se parlent, même sens de la troupe, même désir d'explorer un lieu et qu'importe que l'un soit un pays et l'autre une ville, même manière de raconter les histoires « d'en bas » et même amour du mélo, genre populaire par excellence. La ville est tranquille est un mélo mais un mélo brechtien, Arina Ascaride y interprète une « Mère Courage » qui ne peut pas se poser d'autre question que comment tenir jusqu'à demain, personnage qui ne peut penser l'avenir tant le quotidien est lourd. L'histoire progresse par des rencontres et cela est nouveau dans le cinéma de Gédiguian où en général le groupe préexiste à la fiction. Le seul lien qui appartient au passé est le personnage de Gérard Meylan, personnage qui permet à Robert Guédiguian d'explorer une mythologie marseillaise que jusqu'ici il n'a pas traitée : celle du Milieu. Par bien des aspects, ce film semble le début de quelque chose dans le cinéma de Guédiguian un peu comme si A la place du cœur et A l'attaque avaient clos une période, celle des contes de l'Estaque. La Ville est tranquille en inaugure peut-être une autre, celle des mystères de Marseille.

Jean-Henri Roger

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Cinéaste


Publié le jeudi 14 septembre 2017
Mis à jour le jeudi 16 novembre 2017

Paroles de cinéastes

La Ville est tranquille

Un film de Robert Guédiguian

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