À propos de Cour interdite

Jean-Henri
Roger

Cinéaste

Films noirs. Une cour ouverte, inscrite dans un temps indéfinissable, Rodriguo, Illyr, la pute qui trahit, la mère, tout un groupe de personnages que l'on identifie précisément, une histoire contemporaine de drogue et de deal qui ne peut que terminer mal. Cour interdite est un film unique, il ne se rattache à aucun des films qui ont traité de la drogue et de la banlieue. Cette cour sûrement bien réelle devient un décor, les personnages qui se débattent entre misère et démerde semblent sortir d'un film de Hawks ou parfois de Pasolini. Vous avez compris ce film ne ressemble à rien d'autre, il s'en dégage une force qui semble transformer la misère en poème de révolte. Film anachronique qui, s'il se rattache à une tradition, c'est celle de la trilogie noire de Léo Mallet, l'époque où le roman populaire flirtait avec les surréalistes. La force de Cour interdite tient à cette originalité de la forme qui cultive le paradoxe d'être populiste et à l'antipode du naturalisme, de nous raconter une histoire très contemporaine en cultivant anachronisme temporel. Cour interdite brouille les codes, déstabilise les références pour faire émerger des personnages, des corps qui nous montrent que la souffrance des êtres filmés avec force interdit de ne pas regarder. Cour interdite fabrique seconde par seconde cette joie faite de certitude et de révolte : c'est de cette cour, de ces corps, de ce désespoir que naît la beauté. Beauté des films noirs qui nous disent depuis longtemps que l'avenir appartient aux désespérés.

Jean-Henri Roger

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Cinéaste


Publié le vendredi 15 septembre 2017
Mis à jour le mardi 14 novembre 2017

Paroles de cinéastes

Cour interdite

Un film de Djamel Ouahab

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