À propos de Où gît votre sourire enfoui?

Jean-Henri
Roger

Cinéaste

Arnaud
Dommerc

Cinéaste

Le 21/12/02 18:29, « Arnaud Dommerc / Andolfi production » @free.fr> a écrit :


> Bonsoir Jean-Henri,


> Comme tu le sais, j'aime les Straub, eux et leurs films, leurs films et eux, car je pense qu'à la différence de beaucoup de cinéastes, ils sont dans leurs films davantage que quiconque. Comme je les aime - que cela soit dit et su - j'ai voulu les voir. J'ai vu le film de Pedro Costa et j'ai vu un couple au travail. Je les avais en fait déjà vus dans ce même travail, car comme je te l'ai raconté il y a peu, je suis allé à plusieurs reprises les voir au « montage ». Il y a une éthique du couple et il y a une éthique du travail. Peut-être pourrions-nous commencer par là.




Le 22/12/02 17:32, « Jean-Henri ROGER » @wanadoo.fr> a écrit :


> Salut Arnaud


> Du couple oui, mais au-delà, du travail cinématographique, où l'on est toujours au moins deux. Quand je réalisais avec Juliet, nous trouvions un peu stupide les questions autour de comment vous faites à deux alors que l'une des choses qui fait que le cinéma est redevable au réel, c'est justement par ce que ce n'est pas une activité solitaire de « créateur ». Ce que je trouve passionnant dans le film de Costa, c'est qu'il ne se départit pas de la position humble de celui qui est venu capter un travail. Justement qui ne rentre jamais dans le subjectif du couple, évidemment c'est pour cela que l'on comprend comment fonctionne ces deux-là. Mais surtout que l'on vit l'enjeu d'une image, d'un son, d'une voix.




Le 22/12/02 18:49, « Arnaud Dommerc / Andolfi production » @free.fr> a écrit :


> Cher Jean-Henri,


> C'est tout à fait vrai : le point de vue cinématographique de Pedro Costa a cette rigueur fragile qui permet de regarder l'essentiel de ce qui se joue à ce moment là - de la coupe, du raccord, du son. Et puis il ne peut y avoir de mensonge dans la mesure où il n'y a pas de représentations. Le plan de fin du film raconte tout cela de façon évidente. Ce que cherchent les Straub, c'est l'exactitude de ce geste qui fait que lorsqu'on allume chez soi, on le fait sans prêter attention, sans chercher l'interrupteur, et qu'à la fois ce simple geste est tout entier une expression de soi. Et je crois que tout cela est politique.



> Je t'embrasse.




Le 24/12/02 12:52, « Jean-Henri ROGER » @wanadoo.fr> a écrit :


> Bonjour Ce qu'il y a de réussi c'est l'idée que le cinéma c'est la captation. Pedro Costa installe deux ou trois cadres et laisse la durée s'installait et grâce à la simplicité du dispositif, rien ne vient parasiter la « leçon » de cinématographie. Pas une leçon de savoir-faire mais tu as raison une leçon sur morale et esthétique. Quelle émotion de voir, de comprendre, qu'il suffit de regarder avec un point de vue sur le monde pour entrer dans l'intimité du travail de « au moins deux ». Comme tu le sais je suis dans le sud, il fait beau et je vais boire un coup, en pensant à toi, à la santé de l'IS> (l'Internationale Straubienne). 


> Je t'embrasse, à bientôt.


> Jean-Henri. 




Le 24/12/02 16:15, « Arnaud Dommerc / Andolfi production » @free.fr> a écrit :


> Salut JHR,

> Et bien moi je suis à Paris, il fait gris et cela ne m'empêchera pas de boire un verre, à toi, à eux, au cinématographe avant tout.

_ Je t'embrasse. 


> :-) arnaud

Jean-Henri Roger

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Arnaud Dommerc

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Publié le lundi 18 septembre 2017
Mis à jour le mardi 14 novembre 2017

Paroles de cinéastes

Où gît votre sourire enfoui ?

Un film de Pedro Costa

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