À propos de La Croisade d'Anne Buridan

Alain
Raoust

Cinéaste

Les trois ânes. Je ne connais que trois ânes. Hélas ! Balthazar celui du hasard, Buridan celui du doute, et Piquet celui de l'école. Il est question, ici, du deuxième. Un peu comme à travers le mot de JLG : " le documentaire c'est les autres, alors que la fiction c'est moi "; Judith Cahen interroge le monde qui l'enserre, dans une sorte de partie burlesque et désespérée de ping-pong entre elle et les autres. Une partie sans filet, sans table, sans raquette, sans balle, seulement à l'aide des mots ping-pong. Je m'explique : il n'y a pas de ping sans pong et inversement, comme il n'y a pas les autres sans moi et réciproquement. Et ce qu'il y a de surprenant dans ce film (parmi beaucoup d'autres choses) c'est la volonté farouche d'aller vers les gens, de saisir leurs regards sur le monde, d'enregistrer leurs désirs, leurs discours, leurs exigences politiques, pas seulement pour les rapporter et faire acte de témoignage mais surtout, surtout pour arriver à se comprendre et par là même à comprendre les autres. Ainsi en est-il de la croisade du personnage d'Anne Buridan (joué par la réalisatrice). Elle part en quête, elle est à la croisée des chemins, à un moment de sa vie où il lui faut faire un choix. Et l'âne vient un peu compliquer les choses. Par sa manière d'approcher le cinéma, de se mettre en scène, de nous parler d'elle, de son rapport au monde, de ses tracas quotidien, Judith Cahen a réalisé un film proche de ceux de Luc Moullet et des premiers Nanni Moretti.

Alain Raoust

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Cinéaste


Publié le lundi 18 septembre 2017
Mis à jour le jeudi 16 novembre 2017

Paroles de cinéastes

La Croisade d'Anne Buridan

Un film de Judith Cahen

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