À propos de Ne faites pas de cinéma !

Myriam
Aziza

Cinéaste

Marc Levie, vous connaissez ? Pas l'écrivain lui, c'est avec un « y » - le cinéaste ! Non ? Après avoir vu le film d'Oren Nataf, vous ne pourrez plus oublier ce nom. Parce que ce Levie-là, c'est un phénomène ! Un vrai personnage de film, un antihéros comme on les affectionne tant. Drôle, souvent maladroit, un peu cinglé et pas toujours très honnête, mais au final fort sympathique. En tant que premier assistant de ce jeune réalisateur (à 65 ans, Marc Levie tente de terminer le tournage de son premier long-métrage), Oren Nataf était particulièrement bien placé pour s¹apercevoir qu'il avait sous les yeux un sujet en or. Car à travers le portrait de ce cinéaste atypique, c'est de tout le cinéma qu'il s'agit ici, dans ce qu'il a de plus concret et de moins glamour.


Au premier abord, on pourrait penser que ce qui a motivé Oren Nataf, c'est l'aspect comique de son sujet : un cinéaste loufoque, une équipe technique récalcitrante, une comédienne qui refuse de retirer son string dans les scènes d¹amour, un comédien qui préfère faire rire la galerie plutôt que de se concentrer sur son rôle. Bref, un pur cauchemar qui bien sûr nous amuse. D'autant que Marc Levie, plus sujet qu'objet, se plaît à créer son propre personnage, à l'inventer au fur et à mesure qu'il est filmé. Pourtant, ce faux making-off n'en reste pas là et derrière cette caricature de tournage, quelque chose de plus universel se dégage : qu'il est difficile de faire un film et plus généralement de créer ! Peu à peu le regard d'Oren Nataf s'attendrit. Avec finesse et un sens aigu de l'observation, il sait saisir en connaisseur les détails caractéristiques, s'attarder sur les temps apparemment morts, mais pourtant tellement révélateurs de l'esprit d¹un tournage. Quant à Marc Levie, il finit par nous toucher dans son autodérision permanente, sa capacité à rester inébranlable face aux difficultés tout en gardant une bonne humeur permanente, jusqu'à se mouiller littéralement quand tout le monde semble l'abandonner, Oren Nataf compris.


L'année dernière on avait pu découvrir le passionnant Lost in la Mancha. Cette année, il y a Ne faîtes pas de cinéma, indéniablement plus léger, mais parfois aussi plus surprenant.

Myriam Aziza

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Cinéaste


Publié le lundi 18 septembre 2017
Mis à jour le jeudi 16 novembre 2017

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