Pétition pour aider Mohamed Tora et sa famille à rester en France

Anne
Alix

Cinéaste

Nous, Français, ne possédons pas la France. Soutien à Mohamed Tora et à sa famille et soutien aux migrants


J'ai réalisé il y a quelques mois Il se passe quelque chose, un film qui a eu la chance d'être présenté à Cannes à l'ACID (une section non compétitive, ce dont je me réjouis).


Dans ce film, deux femmes se rencontrent, s'accompagnent dans leur solitude, se nourrissent de rencontres nouvelles et d'une autre possibilité d'habiter le monde, non compétitive, fraternelle et solidaire. Elles vont l'une et l'autre, au bout de ce voyage, changer de trajectoire de vie.


La particularité du film est d'avoir été tourné sur le fil de la fiction et du documentaire car toutes les personnes rencontrées par mes deux héroïnes existent vraiment. Pour construire ces rencontres, j'ai décidé d'explorer un petit coin de Provence. Sur quelques km2 choisis, j'ai croisé des bergers roumains, des travailleurs agricoles maghrébins, sud-américains ou africains, des habitants, français d'origine italienne, grecque, espagnole ou cambodgienne. J'ai partout croisé les traces de la colonisation, le fil toujours d'actualité de l'exploitation de l'homme par l'homme, l'environnement en souffrance. Il m'est apparu très clairement que la migration était consubstantielle à l'histoire humaine et que les migrants qui arrivaient aujourd'hui n'étaient en somme que la dernière vague à l'œuvre aujourd'hui.


Mohamed Tora San Be dont je raconte l'histoire dans mon film est le représentant de ces migrants. Il a fui son pays, l'Ethiopie, où il a été emprisonné et torturé. Il a traversé le Soudan, la Libye puis la mer pour arriver en France dans des conditions que l'on peut difficilement imaginer. Il est d'une gentillesse et d'une droiture absolue, bien intégré dans le club d'athlétisme de Miramas, ville où il réside. Il vient d'être débouté du droit d'asile. A la fin du mois, il se retrouvera sans domicile et sans ressources dans l'attente de son ordre d'expulsion du territoire avec sa femme et ses deux enfants en bas âges, nés en France, mais trop jeunes pour être scolarisés – ce qui rend possible l'expulsion !


Je trouve cette situation scandaleuse. 

Je dénonce le cynisme de nos dirigeants qui, alors que tous les signaux sont au rouge pour la planète et l'humanité, continuent à privilégier le business et l'exploitation en tout genre. Je trouve intolérable qu'ils favorisent par leur inaction et leur mépris des peuples, la montée des nationalismes et la dérivation des colères et angoisses vers d'autres humains, devenus bouc-émissaires. 

Nous connaissons tous la mécanique à l'œuvre aujourd'hui ainsi que les horreurs qu'elle rend possible. A la logique mortifère du fric et/ou du pouvoir, continuons partout ici et ailleurs à opposer celle de la vie.

Des solutions existent, elles ne pourront se mettre en place que dans le partage et la remise à plat des privilèges.


Avec un certain nombre de personnes qui connaissent Mohamed Tora, nous avons décidé de créer un comité de soutien pour l'aider à rester sur le territoire français.


Pour l'aider, vous pouvez participer à la cagnotte que nous avons mis en place sur leetchi, et signer la pétition.


Mohamed est aussi un symbole de cette lutte qui ne fait que commencer.

Car Nous refusons d'entrer en Inhumanité.

Anne Alix

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Cinéaste


Publié le vendredi 13 juillet 2018
Mis à jour le vendredi 13 juillet 2018

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