ACID Trip #1 Serbie

En 2015, l'ACID a initié une étroite collaboration avec le Festival du Film d'Auteurs de Belgrade, né en 1984 pendant la guerre en ex-Yougoslavie. La programmation de ce festival est faite depuis 2010 par un groupe de jeunes cinéastes qui ont grandi avec ce festival, une fenêtre ouverte sur le monde qui a forgé leur goût et vision du cinéma. Parmi eux, Vladimir Perisic, Srdan Golubovic, Stefan Arsenijevic, Oleg Novkovic, Srdjan Koljevic, Nikola Lezaic, Maja Milos et Stefan Ivancic.

Grâce à cette collaboration et à l'implication forte et primordiale de l'Institut Français de Serbie, de nombreux films ACID ont été programmés et achetés en Serbie. Novembre 2016 a vu la tenue des premiers Rendez-vous franco-serbes autour de la production et de la diffusion de films indépendants.

Pour prolonger la richesse de ces échanges et renforcer la chaîne de solidarité internationale des cinéastes, l'ACID a choisi d'offrir à cette association de cinéastes trois séances carte blanche au jeune cinéma serbe. Ils y ont présenté à Cannes un programme de courts métrages, et deux longs métrages, fiction et documentaire.


En partenariat avec :

Le Festival du Film d'Auteurs de Belgrade – Association Bande à part

L'Institut Français de Serbie-Ambassade de France en Serbie

L'Institut Français 

Le Centre du Cinéma Serbe

Le CNC 

Cannes Cinéma


Les films

EDITORIAL


Comme une survivante d'un monde révolu avec lequel elle aurait dû disparaitre, une ouvrière au chômage erre dans une usine socialiste désaffecté. Un jeune cadre d'entreprise passe ses nuits dans les fêtes et ses jours à construire des ponts qui vont déconstruire les vies de milliers d'habitants. 

Elle veut se donner la mort et lui veut sauver les apparences. Alors que tout les oppose - classe, sexe, âge - il ont une faille en commun : elle a perdu l'homme qu'elle a aimé, il a perdu l'amour de sa femme.

Requiem pour Madame J. de Bojan Vuletić et L'Humidité de Nikola Ljuca sont deux longs métrages qui questionnent les deux facettes de la nouvelle réalité serbe : les vaincus et les vainqueurs, les victimes et les maîtres de cette société de classe que les deux cinéastes regardent naître sur les ruines de l'utopie yougoslave.

Autour de ces deux films, une série de courts métrages, et autant de personnages, comme des variations sur le thème de l'exil, intérieur et extérieur. Pendant que ses parents divorcent, un garçon trimbale sa rage dans les rues d'une ville minière, autrefois prospère. Un voyage scolaire aux Etats-Unis cache une opération de changement de sexe. Deux migrants somaliens, comme deux résistants, attendent la nuit pour continuer leur voyage. Un vieille homme sourd entend ce que les hommes et les femmes autour de lui n'osent pas dire. Ils s'appellent Milica Tomović, Marko Grba Singh, Stefan Ivančić, Kosta Ristić, Vladimir Tagić…

Tel les vers du poème de José Marti que nous fait écouter un des films, ces cinéastes nous disent « J'ai deux patries : la Yougoslavie et la nuit ». Et c'est en sondant cette nuit post-yougoslave que le jeune cinéma serbe cherche à poser les prémices de son émancipation.


Vladimir Perisić

Association Bande à part

Publié le jeudi 17 août 2017
Mis à jour le lundi 16 octobre 2017

Auteur Film Festival

Marka Oreškovića 1
Belgrade Serbie

http://faf.rs/en/
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