Février

Un film de Kamen Kalev

Février

Un film de Kamen Kalev

Bulgarie, France - 2020 - 125 min

Trois âges de la vie. Trois saisons aux confins de la Bulgarie rurale orientale. Petar traverse le temps de sa vie humble et ordinaire : le travail, la terre, les brebis, les oiseaux. Au fil des années, cet homme non-ordinaire suit son chemin et accepte son destin sans regret.

Avec
Lachezar Dimitrov, Kolyo Dobrev, Ivan Nalbantov

SORTIE NATIONALE

30 juin 2021

Sortie à venir

À PROPOS DE FÉVRIER

FÉVRIER est un film d'une beauté plastique saisissante qui fait jaillir l'émotion de l'évocation plus que de la narration. Loin de se complaire dans la séduction et à rebours des soumissions contemporaines à une certaine « efficacité », le film de Kamen Kalev impose son rythme et propose une expérience sensorielle de cinéma, qui s'éprouve physiquement.


L'une des forces du film est de parvenir à offrir une œuvre picturale riche qui ne s'abîme pas dans un esthétisme vain mais relève d'une réflexion universelle sur l'existence. Construit en trois parties, allant de l'enfance à la vieillesse mais aussi de la fixité du plan à l'ébauche du mouvement, le film travaille la matière même du cinéma avec une rigueur et une virtuosité remarquables. 


Ainsi, dans une première partie comme faite de tableaux que l'on aurait envie de nommer (Le Garçon à la gourde, Le Berger endormi, Le Repas…) - tableaux habités d'un travail du son remarquable et rare -, le cinéaste ne semble pas seulement filmer l'histoire de ce petit garçon, ni de filmer encore l'enfance mais réussit à filmer le souvenir - voire l'idée même du souvenir - en maintenant sa caméra à une distance et une hauteur qui laissent place à la résurgence d'un monde et d'un temps déjà disparus au moment où ils apparaissent magnifiquement sous nos yeux.


Le récit n'en demeure pas moins là - subtil, fort - et on suit encore son personnage, incarné très charnellement, au plus près, dans les deux autres parties du film ou étapes choisies d'une vie. 

Il s'y déploie avec une économie de mots et une circulation à travers le temps, figurant le fil d'une existence enracinée dans les lieux, marquée par les rituels et les rites, tout en en appelant à une forme de transcendance terrienne plus intérieure que métaphysique.


Si l'on pense parfois au travail d'autres cinéastes comme Béla Tarr, Claire Denis, Bruno Dumont et bien d'autres, le film ne sombre jamais dans la citation ou la référence. On est loin de toute affectation mais bien dans un geste cinématographique d'une grande force, nourri, affirmé, audacieux et courageux. Du grand cinéma !

Jessé Miceli

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