Les Vieux chats

Un film de Sebastian Silva et Pedro Peirano

Les Vieux chats

Un film de Sebastian Silva et Pedro Peirano

Chili - 2010 - 88 min

Isidora et Enrique vivent une retraite paisible avec leurs deux vieux chats dans leur appartement cossu de Santiago du Chili. Une nouvelle panne d’ascenseur vient troubler la quiétude des lieux. Mais le pire est à venir avec l’arrivée impromptue de Rosario la fille tempétueuse d’Isidora.

Avec :
Bélgica Castro , Alejandro Sieveking , Claudia Celedón et Catalina Saavedra

Sorti le 25 avril 2012

À propos des Vieux chats

Dans leur appartement encombré, Les Vieux chats passent une retraite ouatée mais troublée par les pertes de mémoire d'Isidora. La venue de sa fille Rosario, homo virulente, adepte de la nature et sniffeuse aguerrie, et d'Hugo, sa compagne à la masculinité bourrue, va mettre à mal la tranquillité fragile du lieu où le mode de vie des uns et l'agitation des autres ne peuvent que se heurter.


_ Une tragicomédie burlesque et bergmanienne va exploser dans le champ féroce de la dynamique familiale. La drôlerie des scènes où se joue le hiatus des générations est à la hauteur de la crudité des règlements de compte, où les cinéastes savent faire circuler d'un personnage à l'autre sympathie et horripilation. En point d'orgue à cette arène bruyante, ils nous inviteront à une échappée rêveuse, à la référence fellinienne.


_ Les quatre comédiens, superbes, insufflent une véracité sans fard aux personnages de ce quatuor, une partition où quatre solistes dialoguent, s'affrontent et se cherchent dans l'autonomie têtue de leurs affects. 

Cati Couteau

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Cinéaste


Paroles de cinéastes

À propos des Vieux Chats

C'est un de ces appartements bourgeois encombré d'objets accumulés au fil du temps, sur lequel semble planer de multiples strates de vie passée. Dans ce décor qui paraît figé dans une éternité tranquille, se faufile, à l'heure du loup, deux matous un peu froissés. Dans un lit, somnole un vieux couple qui ne semble pas pressé de répondre à cette envie pressante de croquettes. C'est ainsi pense-t-on que se savoure une retraite bien méritée. Même si l'oeil entrouvert d'Isidora laisse tout à coup pointer un brin d'inquiétude, comme s'il anticipait une calamité, en l'occurrence un appel téléphonique de leur fille Rosario.
Un sacré numéro, la Rosario, dont les visites intéressées et vibrionnantes ne sont guère du goût de nos ancêtres, pas plus que de celui des matous qui se voient perturbés dans leurs habitudes (la chère enfant est allergique aux poils de chat). Et de fait la voici, de retour d'un périple au Pérou, qui annonce sa visite prochaine avec son copain Hugo, une fière à bras qui répond, pour l'état civil, au doux nom de Beatriz. Le temps pour le vieux couple de tenter une vaine parade et la voici qui débarque, les bras chargés de photos de son séjour, et d'un vaste échantillon de savons aux plantes dont elle entend faire petit commerce au Chili. Mais sous la logorrhée, après un bourre-pif à la cocaïne dans les chiottes pour se donner du courage, perce alors une arrière-pensée, dont elle va accabler les deux vieillards: tenter par ruse ou par force de faire signer à sa mère la vente de son appartement. Une démarche qui trouve sa justification dans le souci que se fait une fille aimante pour « l'avenir »: le quartier est de plus en plus dangereux, habiter au 8ème étage avec un ascenseur souvent en panne n'est pas raisonnable... D'abandons en résistances, la vieille dame n'est pas dupe…
« Familles, je vous hais » lançait Gide dans un bon jour. Faut-il l'avouer, on prend d'autant plus de plaisir à cet affrontement mère-fille que l'on recommence, hélas, à trouver aujourd'hui certaines vertus à ce nid de serpents à sonnette qu'est la famille. Mais au-delà même de cet amour/haine, on ne peut s'empêcher de compter les points en pensant aux vieux chats qui viennent miauler le matin aux portes de la chambre pour obtenir leur ration de croquettes. Pour eux, ce serait la piqûre, aussi sûrement que ce serait la mort pour leurs maîtres. Et à ce titre, on croise les doigts pour eux.

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