Of Men and War [Des hommes et de la guerre]

Un film de Laurent Bécue-Renard

Of Men and War [Des hommes et de la guerre]

Un film de Laurent Bécue-Renard

France, Suisse - 2014 - 142 min

Ils auraient pu s’appeler Ulysse, ils s’appellent Justin, Kacy, Brooks, Trevor ou Steve. Ils auraient pu revenir de Troie, ils reviennent d’Irak ou d’Afghanistan. Pourtant, pour eux aussi, le retour au pays est une longue et douloureuse errance. Partis combattre sous le drapeau américain, les douze guerriers de OF MEN AND WAR [DES HOMMES ET DE LA GUERRE] sont rentrés du front sains et saufs, mais l’esprit en morceaux, consumés de colère, hantés par les réminiscences du champ de bataille. Leur quotidien est désormais peuplé d’ombres et de fantômes, la menace semble encore rôder partout. Leur femme, leurs enfants et parents ne les reconnaissent plus et les regardent, impuissants, se débattre contre d’invisibles démons. Guidés par un thérapeute pionnier dans la prise en charge des traumatismes de guerre, lui-même vétéran du Vietnam, ils vont peu à peu tenter ensemble de mettre des mots sur l’indicible et de se réconcilier avec eux-mêmes, leur passé et leur famille.

EN SALLE

Sorti le 22 octobre 2014

En salle

À propos de Of Men and War [Des hommes et de la guerre]

Ils n'ont rien vu en Irak ou en Afghanistan, ils ont tout vu. Atroces dégâts collatéraux. Ils errent dans la béance d'une partie d'eux-mêmes, inadaptables à la société américaine, à la famille, aux gestes les plus purs de la vie quotidienne. Violence, panique, rage, honte, sentiment d'humiliation, pulsions suicidaires. À l'ère des frappes chirurgicales de CNN, se déploient enfin les mots face à l'indicible expérience. La mémoire d'un brancardier qui n'a pu sauver une vie, celle d'un jeune soldat dévasté par la vision de corps enchevêtrés après une explosion… Tripes à classer. Photos à ne pas sortir des poches. Cadavres à dénouer. Recouvrement. Circulez ! Les conducteurs de blindés avancent, loin des bannières étoilées de leurs terres et de la mémoire de leurs pères. Ailleurs. Toujours. Il est sans doute plus facile de faire la guerre que d'en revenir… La fragilité d'un bébé à bercer ou la beauté des Pénélopes qui les accompagnent ne font plus battre leurs cœurs meurtris.

Dans cette forteresse de Fort Apache – le centre thérapeutique Californien – défilent la vie d'hommes en colère contre eux-mêmes ; ils se livrent collectivement, à l'écoute de leurs frères d'armes et de celle de Fred, le thérapeute aux faux airs de Geronimo : « Personne ne se sent jamais prêt à faire ce travail. Mais personne n'en est jamais mort… »

La douleur d'un membre -fantôme- n'est pas toujours celle qu'on croit. La patience des épouses (pour celles qui restent) qui s'accrochent à ces colosses aux pied d'argile n'y fait rien. Les cuisses des blondes majorettes qui défilent le 4 juillet non plus. Ces anciens soldats font leurs jobs de héros : ces jour-là, hagards, ils regardent la foule qui ne saura jamais ce qui se cache derrière l'agitation d'un oriflamme de fortune. Brûlures du feu sur autant de muscles d'Hercule. Et parce que de verre, se brisent les os…

Le film est construit par strates, de façon non chronologique. Le cinéaste établit des portraits en cercles concentriques, mettant à jour la vérité subjective et sensible de chaque séance par le montage, proposant à chaque fois un éclairage nouveau sur l'imaginaire de ces hommes. ll y a le présent du récit qui est la thérapie, et les scènes familiales tournées en dehors de l'institution, comme vent d'un autre temps, d'un autre monde. Il y a parfois 3 heures et parfois 4 ans entre chaque scène. Ces mouvements de rupture épousent ceux de l'inconscient : la forme du film évitant tout risque d'obscénité confessionnelle et la grossièreté télévisuelle si commune aux films à « études de cas ». Jamais le spectateur ne guette les progrès de ces hommes, il accompagne leurs métamorphoses.

Comme les héros de Ford, dans un décor grandiose et désertique, au détour d'une promenade que font deux vétérans dont l'un plus âgé, au seuil d'une falaise, on sait que le danger rôde toujours. Mais ce ne sont pas les Indiens qui guettent, menaçants. Les territoires sauvages sont en nous, l'ennemi intérieur.

Doux et brutal, à l'image de ses personnages, OF MEN AND WAR [DES HOMMES ET DE LA GUERRE], grand film d'action sur la pensée, opère de façon organique un fulgurant mouvement de vitalité et d'humanité retrouvée.


Fleur Albert

 - 

Cinéaste


Paroles de cinéastes

LE « PTSD », OU SYNDROME DE STRESS POST-TRAUMATIQUE

LE « PTSD », OU SYNDROME DE STRESS POST-TRAUMATIQUE

On dénombre aux États-Unis plus de 2,6 millions de vétérans des récentes guerres d'Irak et d'Afghanistan. Selon les estimations du Pentagone, un tiers d'entre eux souffriraient de « syndrome de stress post-traumatique » (connu en anglais sous l'acronyme « PTSD »). 

Nombreux sont les soldats qui rentrent du front en espérant tourner la page sur ce qu'ils ont vécu. Grâce aux bourses d'études accordées aux anciens G.I., ces jeunes mariés – parfois jeunes pères – comptent vite se trouver une situation. La plupart d'entre eux ont été examinés par un psychiatre militaire pour détecter d'éventuels troubles : rien à signaler. 

Pourtant, quelque chose ne va pas. La guerre ressurgit à travers des cauchemars et de violentes crises d'angoisse. Un bruit soudain peut suffire à déclencher un accès de panique. D'autres fois, c'est une querelle domestique ou le regard équivoque d'un inconnu. Alors c'est comme une lame de fond : tout ce qui était enfoui refait surface et engloutit le reste. 

Les journaux américains regorgent d'articles sur les vagues de suicides chez les jeunes vétérans, leur addiction aux drogues, leur implication dans des affaires de violence conjugale ou de tueries collectives. Le nombre de soldats démobilisés nécessitant des soins, qui a dépassé le demi-million, a débordé les capacités de la Veterans Administration. 

La création du Pathway Home (www.thepathwayhome.org) représente un espoir d'infléchir cette triste fatalité. Fondé par Fred Gusman en 2008, il s'agit d'un centre de prise en charge indépendant.Thérapeute de formation, Gusman avait déjà mis en place à la fin des années 1970 un programme révolutionnaire de traitement du PTSD pour les vétérans du Vietnam, dont lui-même faisait partie. Au Pathway, dans la petite ville de Yountville au nord-est de San

Francisco, il continue à accueillir de jeunes soldats en perdition. 

Les protagonistes de OF MEN AND WAR [DES HOMMES ET LA GUERRE] ne sont que douze exemples parmi des centaines de patients traités au Pathway… et des millions d'autres vétérans de guerre à travers le monde qui continuent à souffrir de PTSD.

Article

L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP !

L'ACID lance son université populaire, l'ACID POP

Le cinéma par ceux qui le font !


L'ACID est une association composée de cinéastes. Si elle réunit une immense diversité de regards, elle se caractérise par des approches voisines du travail cinématographique, des façonnages singuliers, souvent artisanaux, pour lesquels ces filmmakers sont sur tous les fronts.

Qu'est ce qui nourrit l'inspiration des cinéastes ? Comment au quotidien – de l'écriture au tournage – fabriquent-ils leurs films – qu'ils soient fiction ou documentaire ? Comment les mettent-ils en scène ? Comment travaillent-ils avec leurs acteurs ou leurs protagonistes ? 

Ce sont ces expériences de fabrication que les cinéastes viendront mettre en partage avec les publics.


Comme dans une université populaire, il s'agit d'une saison se déroulant tout au long de l'année, imaginée avec des salles adhérentes ACID. Chaque séance est construite autour d'un film choisi par les cinéastes de l'ACID et se déroule en trois temps : 

1. Dialogue autour d'une question de cinéma traversant le film

2. Projection du film

3. Echange avec le public.


L'ACID POP débute en novembre 2018 dans 7 salles pilotes sur un rythme mensuel, jusqu'en juin 2019. La première séance aura lieu le lundi 12 novembre à 20h au MK2 Quai de Seine.


> Pour accéder au programme complet, cliquez ici <


La saison pilote ACID POP 2018 - 2019

  • Cinéma américain : reste-t-il encore des artisans ? Avec Thunder Road de Jim Cummings
  • Personnes et personnages : et si on plongeait les acteurs dans le réel ? Avec Il se passe quelque chose de Anne Alix
  • Filmer les sentiments : romantisme ou réalisme, faut-il vraiment choisir ? Avec L'Amour debout de Michaël Dacheux 
  • Créer en liberté : comment perdre son scénario pour mieux le retrouver ? Avec Avant l'aurore de Nathan Nicholovitch
  • Il n'y a pas de différence entre un film historique et un film de science-fiction - Avec Un Violent désir de bonheur de Clément Schneider 
  • « Documentaire », vraiment ?! Filmeurs et filmés, n'est-on jamais que des inventeurs de récits ? Avec Of Men and War [Des hommes et de la guerre] de Laurent Bécue-Renard 
  • Entre captation et recréation du réel : où est la mise en scène dans le cinéma documentaire ? Avec Spartacus & Cassandra de Ioanis Nuguet 
  • De l'art du portrait au cinéma : un corps à corps ? Avec Cassandro the Exotico! de Marie Losier
  • Filmer l'autre : trouver la bonne distance - Avec Dans la terrible jungle de Caroline Capelle et Ombline Ley

> Les premières dates ici <


Les salles adhérentes partenaires :

  • L'Atalante, Bayonne ( (Pyrénées-Atlantiques, Nouvelle-Aquitaine) - Programme documentaire 
  • Le Bretagne, Saint-Renan (Finistère - Bretagne) 
  • Le Cigalon - Cucuron (Vaucluse - PACA)
  • Le Cin'Hoche, Bagnolet (Seine-Saint-Denis - IDF) 
  • Le Kursaal, Besançon (Doubs - Bourgogne-Franche-Comté) 
  • Le Méliès, Villeneuve d'Ascq (Nord - Hauts de France) 
  • Le MK2 Quai de Seine, Paris (IDF)
Actualité
À voir en VOD
soutien

Recherche