Barça Zou est porté par la fraîcheur de ses comédiens non-professionnels et sa mise-en-scène presque sauvage dans les rues de Barcelone. Le film s'affirme de prime abord comme un coming-of-age drôle et léger, mais déploie progressivement une écriture complexe, basée sur un jeu ludique d'aller-retours entre deux temporalités de la vie de ses protagonistes, dont il évoque avec pudeur et subtilité les états d'âme dans ce moment si particulier entre l'adolescence et l'âge adulte.
Au-delà d'un film sur le skate et l'amitié, Barça Zou s'attache à ces souvenirs de jeunesse anecdotiques et banals qui prennent avec le temps une importance folle. Le désir sans cesse renouvelé d'enregistrer ces moments, d'en restaurer l'image et le son, nous place à la fois dans un temps très présent et dans un moment d'archive. C'est ainsi la grande force du film qui déploie l'air de rien, et toujours avec douceur, une vitalité rare, nimbée de la mélancolie de ces jeunes années pourtant pas si lointaines, mais déjà teintées d'une profonde nostalgie.
- Anne Colson, Martin Jauvat et Déni Pitsaev, cinéastes de l'ACID
Rewind Barcelona draws its strength from the freshness of its non-professional actors and its raw directing style, set against the streets of Barcelona. At first glance, the film comes across as a light, humorous coming-of-age story, but it gradually reveals a more complex narrative, structured around a playful back-and-forth between two timelines in its protagonists' lives. Their emotional lives are rendered with restraint and subtelty, capturing that singular turning point between adolescence and adulthood.
More than just a feature about skateboarding and friendship, Rewind Barcelona lingers on the anecdotal, mundane memories of youth that grow in significance as time goes by. The constant urge to document these moments, to preserve their images and sounds, places us both in the immediacy of the present and in the distance of the archive. This is the film's greatest strength: it showcases rare vitality, with ease and gentleness, tinged with the melancholy of youth that has just passed and is already steeped in nostalgia.
- Anne Colson, Martin Jauvat and Déni Pitsaev, ACID filmmakers
Publié le vendredi 24 avril 2026