Jean-François
Pelle
Les Studios, Tours
New York, l'été, un étudiant en art venu faire un stage dans une galerie, les rencontres sexuelles ; on pourrait craindre le déjà vu mais heureusement, Drunken Noodles apporte très vite de l'imprévu, de l'étrangeté. La structure en quatre parties (la deuxième et la troisième nous faisant remonter dans le temps) surprend, et cette construction ludique, intrigante, magnifiée par la splendeur des images et l'intelligence de la narration, crée un ton unique.
Notamment parce que dans Drunken Noodles, le trivial est toujours incroyablement délicat, à l'image des broderies érotiques réalisées par l'artiste exposé dans la galerie et dont une œuvre ouvre chaque chapitre du film. Et plus il se déploie, plus il entre dans des zones singulières où le fantastique s'immisce (un faune apparaît dans une forêt au crépuscule, un amant se dédouble) mais de façon totalement naturelle sans qu'aucun des personnages ne mette en doute la véracité de ce qu'ils voient.
Cette croyance, cette acceptation est contagieuse, et nous, spectateurs, sommes comme les protagonistes, ravis de croire à l'impossible et définitivement tombés sous le charme de ces nouilles ivres.
Jean-François Pelle
-Les Studios, Tours
Publié le jeudi 12 février 2026