À propos de Ini Avan

Daisy
Lamothe

Cinéaste

Faut-il connaître l'histoire de Sri Lanka pour entrer dans l'univers filmique d'Asoka Handagama ? Peut-on rattacher Ini Avan à un genre, et celui qui vient tout de suite à l'esprit, le genre Bollywood, avec chansons et situations mélodramatiques à la chaîne ? 

C'est évidemment les questions que l'on peut se poser dans les premières minutes du film. Mais passé le mariage forcé de la première jeune femme et de sa vie avec l'ancien chef rebelle, le récit s'installe ailleurs. 

A plans presque arrêtés, cadrés avec rigueur, le cinéaste nous impose le rythme lent d'une société d'après guerre qui oscille entre désillusion et illusion de renouveau par les trafics mafieux. Le révélateur du film, la pierre angulaire qui fait basculer le récit vers une nouvelle liberté, même si celle-ci est semée d'embûches, c'est l'arrivée de la femme du gardien limogé. A la fois forte et mutine, elle se glisse dans les plans, s'impose au point que l'on ne voit plus qu'elle. Elle tourne le dos à la victimisation, affronte la vie avec cran, obligeant notre héros à réagir et à ouvrir un peu plus les yeux sur les dégâts d'une société qui a perdu ses repères économiques et moraux. J'aime l'idée de cette jeune femme filmée en bord de plan, en arrière plan et qui fait exploser le cadre par sa détermination. Si le cinéma a une géographie, sa force vient lorsqu'il franchit les frontières pour aborder l'intime de notre humanité. Et Ini Avan produit ce moment de grâce avec ces quelques plans qui restent gravés dans notre mémoire, plaçant Asoka Handagama comme un cinéaste de notre temps. 

Daisy Lamothe

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Cinéaste


Publié le vendredi 08 septembre 2017
Mis à jour le vendredi 13 octobre 2017

Paroles de cinéastes

Ini Avan, Celui qui revient

Un film de Asoka Handagama

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