À PROPOS DE SOLO

Marina
Déak

Cinéaste

Michaël
Dacheux

Ne pas céder sur le désir de vivre, le courage qu'il y faut parfois, face à la part d'ombre en soi : voici ce que Solo réussit à partager. Portrait attentif de Martín, pianiste argentin au sortir d'un séjour en hôpital psychiatrique, avec son endurance, son avancée sur le fil, et l'effondrement qui le menace à chaque pas ; et tout autant miroir, patient, drôle et pathétique, de notre fragilité, avec cet immense appétit que certains portent, qui les consume et qui les sauve, aussi. Martín n'en finit pas de trébucher, de se relever, de batailler avec ce qu'il est, et le film l'accompagne avec précision (rigueur des cadres et du découpage) et une tendresse infinie (grande délicatesse du montage). L'élan du film est tendu par ce simple savoir que vivre est un mystère suffisant pour qu'un récit avance et se construise dans l'imprévu – certaines ellipses deviennent ainsi bouleversantes, attestant combien Martín continue de tenir. Un savoir et aussi une confiance en la capacité du cinéma à enregistrer cette palpitation, qui est toujours une levée contre la peur du monde, des autres, de soi-même. La richesse des rencontres, des paroles et des silences, donne au film une vitalité et une grâce qui nous attrapent comme par surprise. Patient souci de l'autre qui nous permet d'accéder à une émotion profonde, au plus près de la musique du personnage. Et de la nôtre, nécessairement. 


Never giving up one's desire to live. The necessary courage of this requirement when facing our dark sides, is what Solo succeeds in sharing. Solo is the careful portrait of Martín, an Argentinian piano player, who has just sojourned in a psychiatric hospital. His stamina, his steps, but also his fall, threatening at each step. A portrait of Martín, as much as a mirror of our own fragility, all at once patient, funny, poignant. The film witnesses the incredible craving some people carry, which consumes and jails them and saves them all at once. Martín keeps falling, getting up, fighting against who he is. And the film follows him with precision (precision in the frames and shots) and an infinite tenderness (incredible gentleness of the editing). The film is stirred by this simple knowledge that living itself contains enough mystery for a narration to unfold and build upon the unexpected of existence- some omissions becoming overwhelming, testifying how much Martín tries to hold it together. A knowledge and a trust, beautiful and rare, in the recording power of cinema in order to accompany this palpitation, always a fight against the fear of the world, of others, of oneself. The fullness of the situations, the encounters, the places sought, words and silences, ventilate the film with a grace, which catch us as if by surprise. Patient attention to the other enabling a deep emotion, infinitely close to the music of the character. And to ours, inevitably.

Marina Déak

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Administratrice


Michaël Dacheux


Publié le lundi 29 avril 2019
Mis à jour le lundi 29 avril 2019

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Solo

Un film de Artemio Benki

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