La vie d’un film | À propos de la sortie en VOD de Down with the King


Cinéastes de l'ACID

À l'été 2021, nous nous réjouissions de nous retrouver lors d'un Festival de Cannes portant les stigmates de la pandémie de Covid et des conséquences qu'elle avait engendrées, à savoir une trop longue fermeture des salles. C'est à cette occasion que nous avions, comme à l'accoutumée, choisi collectivement 9 films pour notre programmation cannoise. L'un d'eux, Down with the King de Diego Ongaro, réalisateur français installé aux Etats-Unis, sort cette semaine en VOD, sans avoir été diffusé au préalable en salle.

Nous ne pouvons aujourd'hui que regretter que ce très beau film, Grand Prix du Festival de Deauville après son passage à Cannes, n'ait pas eu la possibilité d'être diffusé à des spectateurs dans l'écrin indépassable d'une salle obscure. Ce choix n'est pas le fait d'un cinéaste qui aurait, nous le savons, eu la joie et la fierté de confronter son travail au regard d'un public exigeant, curieux, avide de rencontre avec des œuvres qui battent en brèche les formats normés qu'on tente de lui imposer toujours un peu plus. Il reste ainsi un goût d'inachevé pour la vie d'un film qui, par son attention aux détails, son rythme et ses cadres, a été pensé dès le début pour être projeté dans une salle de cinéma et non sur les écrans trop étroits de nos salons et autres ordinateurs.  


Alors que tirer de cette expérience de diffusion, à la fois malheureuse et, à nos yeux, d'une grande brutalité ? Tout d'abord qu'il apparait trop souvent que les cinéastes se trouvent dépouillés de leurs œuvres par des choix financiers qui ne tiennent aucun compte de leur désir, de l'énergie déployée à leurs réalisations. Ensuite comment ne pas prendre cette absence comme le signal d'un appauvrissement de la diversité de l'offre en salle, dont les spectateurs font les frais ? En les privant de récits qui ne s'éprouvent pleinement qu'au cinéma (et nulle part ailleurs), ce sont nos imaginaires que l'on réduit à de simples et interchangeables produits de consommation.


Diego Ongaro avec Down With The King faisait l'exact pari inverse. 

Cinéastes de l'ACID


Publié le mercredi 14 septembre 2022

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