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Faire plus avec moins ne marche nulle part

« Agir, travailler, répondre. Pas de petite digue qui ne mérite qu’on la garde. » Aragon A l’occasion de chaque récente prise de parole, les pouvoirs publics n’ont eu de cesse de faire le même diagnostic et de rappeler les valeurs émancipatrices de la culture, l’importance de l’éducation artistique, la nécessité de développer la cinéphilie des plus jeunes, de se rapprocher des territoires et de permettre l’appropriation par tous de la plus grande diversité d’œuvres et manifestations culturelles.

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Publié le mercredi 04 décembre 2019

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Sortie Nationale
L'ACID Cannes 2019 en images !

L'ACID s'engage

A tous ceux dans le cinéma, l'indépendance et les difficultés

Les Fiches du Cinéma, vous ne connaissez peut-être pas, mais nous sommes la plus ancienne revue de cinéma de France. Et nous sommes en train de disparaître. En version papier tout du moins. Au moment de nous lancer dans l'aventure du numérique, nous adressons un message à tous ceux qui désirent un cinéma libre et indépendant, et la critique qui va avec. Libre, indépendante et vivante donc.

Le 2 janvier 2019, Les Fiches du Cinéma, plus ancienne revue de cinéma de France (84 ans au compteur) ont cessé de paraître sur format papier. Bien que l'aventure se poursuive sur Internet, le travail que nous effectuons depuis 1934, est aujourd'hui dangereusement menacé. C'est notre histoire, mais elle est prise dans un mouvement global qui tend à asphyxier systématiquement tout ce qui a à voir avec la culture, l'art, la pensée, le sensible, bref tout ce qui n'est pas directement et immédiatement l'argent. Les Fiches du Cinéma sont au bord de la disparition : on peut s'en accommoder, comme on s'accommode de la disparition d'une variété d'oiseaux pas très connue. Mais alors c'est aussi accepter ce dont cette disparition constitue le symptôme : la destruction progressive de tout un écosystème intellectuel et culturel.


Il y a, par exemple, des films dont nous sommes pratiquement les seuls à parler, auxquels nous sommes les seuls à accorder un véritable espace (une page). On peut se dire que ça n'est pas grave si ça n'existe plus. Mais il faut alors entendre le message caché : que ces films-là peuvent bien disparaître avec nous. Et que c'est même la suite logique du programme. On n'aide pas ces films à cet endroit-là de la chaîne, on ne les aidera pas plus loin. Ils tomberont à leur tour. Et, puisque personne ne les coupe directement, on pourra s'imaginer que les têtes tombent comme des fruits mûrs. On pourra se dire que c'est la nature, que c'est la saison, en faisant semblant d'ignorer que les têtes ne sont pas des fruits, que le système n'est pas la nature et que son durcissement n'est pas un mouvement aussi inéluctable que celui des saisons.


Lire la suite sur le site de Mediapart.


Pour Les Fiches du Cinéma

Nicolas Marcadé, 

Rédacteur en chef

www.fichesducinema.com



Nicolas Marcadé


Actualité

Soutien au cinéma associatif La Clef

Nous cinéastes de l'Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID) sommes de tout coeur avec celles et ceux qui, réuni.e.s en associations et en collectifs avec HOME CINEMA, se mobilisent depuis la CLEF pour que ce lieu continue d'être un espace de diffusion de films de cinéma.

Ce cinéma associatif est le dernier en son genre à Paris. Depuis sa fermeture en avril 2018, et malgré les soutiens de réseaux locaux, de médias et de cinéphiles en tous genres, la Clef est en péril, menacé d'être revendu à un investisseur privé.

Qui? Dans quel but? Au fond peu importe. 

La Clef, ce merveilleux cinéma, risque de devenir autre chose. 

Nous ne voulons pas que cet endroit qui a accueilli nos films, qui a été un lieu de réflexion pour tant de cinéastes au travail exigeant, qui a permis des rencontres, des appels, des amitiés politiques et cinéphiliques s'arrête d'exister, cesse de diffuser des films. 

Nous apportons notre soutien à l'occupation de la Clef, au prolongement par d'autres moyens de la résistance vivace que ce lieu a été, est et sera. Nous luttons pour des salles singulières qui permettent des rencontres uniques. La Clef fait partie de ces possibles. 

Cinéastes uni.e.s pour la diffusion, dans un souci du public, ces spectateurs et spectatrices toujours surprenant.e.s et jamais là où les grands groupes les prévoient! Nous, sommes heureux de nous engager aux côtés de celles et ceux qui dans ce lieu portent haut une certaine idée de l'art populaire, exigeant et accessible. 


Le Conseil d'administration

Aurélia Barbet, Emilie Brisavoine, Marina Déak, Marie Dumora, Diego Governatori, Naruna Kaplan de Macedo, Vincent Macaigne, Hélène Milano, Vladimir Perisic, Régis Sauder, Clément Schneider, Idir Serghine, Christian Sonderegger.


Pour soutenir le cinéma La Clef, signez la pétition par ici !


Cinéastes de l'ACID


L'ACID s'engage

Du côté des adhérents

Rojo

Un film de Benjamín Naishtat

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Sortie DVD novembre 2019

Dans la terrible jungle (In the mighty jungle)

Un film de Caroline Capelle et Ombline Ley

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Sortie DVD novembre 2019

L'écran du plus fort

Devons-nous tous voir les mêmes films ?

 

Depuis quelques mois, le cinéma français traverse une crise grave. Un point essentiel est pourtant resté dans l'ombre: l'accès des films aux salles.


Pour les films dits «de la diversité», films indépendants, à budget réduit, souvent sans acteurs connus, et non financés par les chaînes de télévision - les conditions de distribution et donc d'accès aux publics se sont considérablement dégradées. Ces films, qui tentent de nouvelles formes d'écriture, de représentation, de sujets, véritable vivier du cinéma de demain, sont de plus en plus exclus des écrans. Or, de tout temps, cette marge, comme certains ont aimé la qualifier, a compté. Avant que leur cinéma ne trouve le chemin d'un plus large public, des cinéastes tels que Renoir, Tati, Godard, Truffaut, Pialat, et tant d'autres de différents horizons: Rossellini, Chahine, Fassbinder, Loach, Almodovar, ou plus récemment, Guédiguian, Denis, Belvaux, Cantet, Amalric, Donzelli, pour ne citer qu'eux, s'inventaient dans cette marge. Demain, il n'en sera plus ainsi. Et demain veut dire tout à l'heure.

La faute à qui ? Aux films, entend-on, qui ne seraient plus adaptés aux attentes du «public». Une simple affaire de goût et de changement d'époque en somme…

Pourtant, si l'on se penche sur les chiffres, ce soi-disant sacro-saint baromètre du supposé goût du public, tout n'est pas si simple.

Prenons par exemple la semaine du 13 février dernier. Sur les 5600 écrans que compte l'hexagone, 4693 écrans étaient monopolisés par 10 films. Avec un taux d'occupation des écrans de 80%, pas étonnant que ces dix films se retrouvent en tête du box office, même si certains d'entre eux ont mobilisé moins de vingt spectateurs par séance et ne doivent ce bon classement qu'à leur surexposition. Est-il utile de préciser qu'aucun de ces 10 films n'était distribué par un distributeur indépendant ?

Une fois les mastodontes servis, restaient donc 900 écrans pour les 92 autres films à l'affiche, soit une moyenne de 10 écrans par film sur la France entière. Voilà qui réduit considérablement les chances d'être vu et de plaire au public, non?

 

Comme dans d'autres domaines, l'abus de position dominante des grands circuits d'exploitation et les politiques d'offre saturante de gros distributeurs réduisent de manière drastique les possibilités d'existence de toute la chaîne du cinéma indépendant.


Rien de nouveau? Si quand même. En 2012, le passage des salles à la projection numérique a renforcé les inégalités de façon spectaculaire et favorisé certaines pratiques déloyales.

Suivons le chemin tortueux que doit emprunter un film «de la diversité» pour se faire une petite place dans les salles encore disponibles.

Il lui reste maintenant à attirer le fameux public, vous, nous, les autres. Pour ça, la qualité ne suffit pas, il faut de la promotion et une exposition médiatique. Or ces frais de promotion ont été multipliés par vingt en dix ans; désormais placer une bande annonce se paie à prix d'or dans certaines salles et les partenariats avec les grands médias sont des prestations qui se monnaient.

Pour les moins riches, reste le bouche à oreille. Mais pour que celui-ci s'installe, encore faut-il que le film - qui n'est plus aujourd'hui qu'un fichier informatique - bénéficie d'une exposition correcte sur plusieurs semaines, ne soit pas relégué sur les séances du matin 11h ou déprogrammé d'un simple clic le week-end au profit d'un film plus immédiatement «porteur» ou… d'un opéra! Et même avec de bons résultats, il risque tout de même de disparaître la semaine suivante au profit d'un autre film sorti par un distributeur plus musclé. Au mépris de la présence du public…


Si on laisse le marché se «réguler», comme certains le souhaitent actuellement, il ne restera bientôt plus en salles que les films produits par les grands studios, les chaînes de télévision, leurs filiales, et les groupes intégrés de production-distribution. Est-ce vraiment le choix du «public» ? Nous ne le croyons pas, nous cinéastes qui, tout au long de l'année, dialoguons avec ce même public dans les salles indépendantes.


C'est pourquoi il est urgent de défendre ensemble, cinéastes, producteurs, distributeurs, exploitants et spectateurs, l'indépendance et la diversité dans les salles de cinéma.  


Nous demandons :

- une réforme du compte de soutien du Centre National du Cinéma qui permet actuellement aux grands circuits de multiplier leurs implantations sur tout le territoire.

- une concertation interprofessionnelle sur les conditions d'exposition des films

- une limitation du taux d'occupation des écrans par bassin de population pour contrer l'hyperconcentration des géants du secteur,

- une redistribution équitable des aides sélectives existantes au profit des distributeurs et des salles indépendantes exposant les films de la diversité dans la durée.

et

- un retour rapide aux engagements contractuels entre salles et distributeurs mettant fin aux déprogrammations de dernière minute.


Les films indépendants composent des représentations du monde, de tout le monde, hors des grands schémas imposés par les industries de la communication et de l'information.

Toutes les discussions actuelles à propos de la couverture chômage des intermittents du spectacle, du sous-financement des films, de la convention collective et de l'état de la critique, sont intimement liées à ce problème : si les films – nos films – ne peuvent plus, demain, parvenir dans les salles de cinéma, si de nouveaux cinéastes ne peuvent pas émerger, à quoi bon de nouvelles mesures, de nouveaux débats. N'y a t-il pas, là, de quoi asseoir la déception sur un trône : d'un côté nous nous battons tous pour que nos films se fassent, de l'autre nous n'aurons bientôt plus de lieu où rencontrer le public.

 

Les films, tous les films, construisent un patrimoine unique devant rester pluriel, ouvert, vivant et diversifié. Ils sont notre bien commun.

_______________________


Premiers cinéastes signataires : 


Namir Abdel Messeeh, Fleur Albert, Penny Allen, Michel Andrieu, Stephane Arnoux, Laurent Bécue-Renard, Sarah Benillouche, Sébastien Betbeder, Simone Bitton, Dominique Boccarossa, Pascale Bodet, Jacques Bonnaffé, Claudine Bories, Laurent Bouhnik, Serge Bozon, Marie-Pierre Bretas, Chantal Briet, Joël Brisse, Dominique Cabrera, Oriol Canals, Franck Cassenti, Patrice Chagnard, Béatrice Champanier, Dominique Choisy, Christophe Cognet, Alessandro Comodin, Denis Coté, Cati Couteau, Jean Paul Civeyrac, Marie De Laubier, Marina Deak, Luc Decaster, Delphine Deloget, Fabianny Deschamps, Pascal Deux, Elsa Diringer, Claus Drexel, Claude Duty, Philomène Esposito, , Fabienne Facco, Corto Fajal, Sepideh Farsi, Philippe Faucon, Yasmina Faucon, Philippe Fernandez, Jean-Charles Fitoussi, Christine François, Anne Galland, Aurélia Georges, Jean-Baptiste Germain, Denis Gheerbrant, Khaled Ghorbal, Mika Gianotti, Guillaume Giovanetti, Michka Gorki, Jean-Louis Gonnet, Emmanuel Gras, Eugène Green, Robert Guédiguian, Arthur Harari, Henri Herré, Armel Hostiou, Jacques Kebadian, Gabriella Kessler, Farah Khadhar, Jeanne Labrune, Daisy Lamothe, Marion Lary, Hicham Lasri, Georgi Lazarevski, Jérôme le Maire, Serge Le Péron, Luc Leclerc du Sablon, Aurélien Lévèque, Jean-Pierre Lledo, Sophie Letourneur, Olivier Lorelle, Guillaume Malandrin, Dominique Marchais, Carine May, Isabelle Mayor, Pomme Meffre, Ursula Meier, Perrine Michel, Hélène Milano, Jean-Claude Moireau, Charles Najman, Nathan Nicholovitch, Didier Nion, Mariana Otero, Bénédicte Pagnot, Emmanuel Parraud, Beryl Peillard, Monique Perez, Nicolas Philibert, Pocas Pascoal, Oriane Polack, Béatrice Pollet, Gilles Porte, Jean-Loïc Portron, Martin Provost, Frédéric Ramade, Alain Raoust, Chantal Richard, Hernan Rivera, Jean-Claude Rousseau, Christian Rouaud, Rima Sammam, Djamila Sahraoui, Régis Sauder, Stefano Savona, Kathy Sebbah, Idir Serghine, Reza Serkanian, Charlotte Silvera, Pascaline Simar, Claire Simon, Jean-Pierre Sinapi, Marion Stalens, Tariq Teguia, Jean-Pierre Thorn, Marie-Claude Treilhou, Annie Tresgot, Justine Triet, Luc Verdier-Korbel, Marie Vermillard, Vanina Vignal, Jacques Vigoureux, Luba Vink, Eléonore Weber, François Zabaleta, Çagla Zencirci, Hakim Zouhani...


Cinéastes de l'ACID


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César « volés » par « petits » films embusqués

La qualité d'un film n'a rien à voir avec la taille de son budget ou l'importance de sa diffusion.


Il y a simplement de bons et de mauvais films de cinéma. ”L'esquive” et “Quand la mer monte” sont là pour le prouver. Il nous paraît étonnant d'assimiler des films indépendants à petit budget, au nombre de copies limitées, à des films intello-chiants ; de promouvoir l'idée qu'il existe deux cinémas : un créatif-mais-rébarbatif qui serait méprisant pour le public, l'autre généreux qui serait vu par des millions de spectateurs. C'est pourtant ce qu'ont voulu démontrer certains médias ces derniers jours. La désinformation est aussi grande qu'elle est dangereuse pour l'esprit.


Il est essentiel pour nous d'expliquer encore et encore que cette opposition est vaine, que le cinéma indépendant est composé d'une variété infinie qui va d'un cinéma qui rencontre le public et qui devient par là même populaire à un cinéma de recherche ou plus artistique qui ouvre des voies nouvelles et qui, de toute façon, est viable avec peu de spectateurs si on lui laisse de la place et du temps (“Tropical malady” Prix du Jury 2004 à Cannes ou “Les sucriers de Colleville”). “L'esquive” ou “Quand la mer monte” pourraient aussi rencontrer plus de spectateurs s'ils avaient une distribution adéquate, à la hauteur de leur potentiel public.


Le problème aujourd'hui est dû à ce refus de prendre en compte le cinéma dans toutes ses dimensions et à cette malheureuse habitude de pratiquer des oppositions manichéennes et indignes. Aussi les journalistes doivent-ils étudier la question de la production et de la distribution pour éviter d'être instrumentalisés et pour comprendre que le péril n'est pas qu'un cinéma intello-chiant nuise au cinéma « populaire », le vrai danger c'est que le public ne puisse pas juger sur pièces, qu'il ne puisse pas voir, s'il le désire, tout cet éventail de la création cinématographique.


Nous devons inciter les décideurs (télés, exploitants, distributeurs et producteurs…) à défendre cette diversité qui sera la seule garante d'une résistance à long terme d'un cinéma issu de différentes cultures, porteur de toutes les formes d'humour, de toutes les émotions, de toutes les philosophies, de tous les paysages, de toutes les langues. Plus les formes du cinéma seront variées, mieux chaque spectateur sera à même de choisir ce qui lui correspond, l'amuse, l'émeut, le différencie des autres, l'individualise. La disparition de la possibilité de choix par le spectateur doit être au coeur du débat. La suppression des marges, l'uniformisation ont toujours été à l'origine des totalitarismes, pourtant, comme le disait Godard, " la marge, c'est ce qui fait tenir ensemble les pages du cahier ! "


Faut-il à nouveau rappeler que le cinéma se compose des films hyper populaires de Chaplin, à ”Autant en emporte le vent”, “La Strada”, “L'Atalante” ou “les 400 coups” mais aussi de “La Règle du Jeu”, du  «Septième Sceau», de « Playtime »…


Faut-il à nouveau rappeler que le temps a des jugements autres que ceux de l'air du temps. L'histoire du cinéma est jalonnée de films ayant été des échecs à leurs sorties, de films qui ont eu besoin de temps pour rencontrer les spectateurs. N'oublions pas que lorsque les premiers tableaux de Cézanne furent montrés, le public se pressait alors pour aller voir ceux de l'académique Bouguereau parce que c'était "bien fait". La majorité n'avait donc pas forcément raison. Aujourd'hui, Cézanne est populaire et Bouguereau ? De nos jours, ceux qui opposent le cinéma dit « populaire » au cinéma dit « intellectuel », en arguant que c'est le nombre d'entrées qui a raison, ont bien sûr d'importants intérêts économiques à le faire, mais ils ne peuvent exiger que ceux qui décernent les prix se rangent derrière cet avis.


Aujourd'hui, les films, dans leur grande majorité, sont vendus avant même d'être fabriqués. Cela implique que leurs contenus sont influencés par les systèmes de diffusion, principalement par les impératifs d'audience de la télévision et par les objectifs des publicitaires dont les demandes sont particulièrement standardisées. Dans cette même logique, les spectateurs sont de plus en plus tenus à l'écart de ce qui se crée en dehors de ce système majoritaire.


La question est donc de savoir si, dans ce système, un cinéma indépendant, plus spontané, libre des contraintes de contenus imposés par les diffuseurs peut continuer à être transmis au public ?


La question est de savoir si la distribution de films comme “Quand la mer monte” et “L'esquive”, de films ne bénéficiant pas des mêmes effets d'annonce, non inscrits dans la communication, non-coproduits par les grandes chaînes hertziennes méritent d'être transmis au public ? Malgré la reconnaissance des César, certains répondent non à ces questions et semblent considérer que le public n'a pas besoin du cinéma comme art, comme fenêtre sur le monde. Pourtant, à l'écart du flux, du tout venant audiovisuel, des films de cinématographe continuent à exister, c'est-à-dire à être montrés et transmis grâce au travail passionné de certains producteurs, distributeurs et d'associations telles que l'ACID, mais pour combien de temps ? Certains voudraient voir dans l'attribution de ces César des cas de " discrimination positive ". Ces deux films ne mériteraient pas leurs récompenses parce qu'ils sont soi-disant confidentiels, marginaux. Qui donc alors aurait obligé les votants des César à les élire et plus de 500 000 personnes à les aimer ?


Mars 2005


Charles Castella

 - 

Cinéaste


Marie Vermillard

 - 

Cinéaste


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Pourquoi 'Birth of a Nation' ? Parce que les films indépendants forment une nation. Nous sommes cernés par la nation du cinéma commercial comme les indigènes d'Amérique et d'autres pays sont cernés par le pouvoir dominant. Nous sommes invisibles, mais nous constituons une nation essentielle du cinéma. Nous sommes le cinéma.

Jonas Mekas

La parole à

Paroles de cinéastes

À propos de La Devinière

de Claire Simon

La Devinière est un très beau film, rare par sa profondeur et par la sûreté de sa route. La Devinère est le nom d'un lieu de vie où ceux qui sont malades de l'esprit sont accueillis d'une façon singulière, et inventive. Là, les malades ont la possibilité de bricoler, machiner, d'oeuvrer avec des choses ou des êtres, à leur idée, et les idées ne manquent pas ! Ce bricolage c'est leur vie et une vision de la nôtre.

À propos du film : La Devinière

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Paroles de cinéastes

À propos de L'Arche de Noé

de Luc Bongrand

C'est le printemps pour la campagne dans le cinéma d'auteur : Fin d'été, La beauté du monde ... Celle de P. Ramos touche au mythe (le paradis perdu... mais retrouvé), aux pulsions souterraines (la mimesis : Antoine ne désire la jeune fille qu'après que Noé se fut intéressé à elle). L'auteur prend pour sujet le temps d'une parenthèse : (il n'y a que du présent dans le cinéma et le film nous laisse entendre que son présent (celui de la passion humaine) c'est qu'une nanoseconde dans le temps cosmique).

À propos du film : L'Arche de Noé / Ici Bas

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Paroles de cinéastes

À propos du Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

de Ali Akika et Bernard Dumont

Dans ce film, le cinéaste Hany Abou Assad nous « invite » à un mariage. Mais comme on est dans la Palestine d'aujourd'hui, tout est compliqué. La moindre banalité du quotidien n'échappe pas à la réalité politique de ce pays occupé. Aussi faut-il vaincre d'abord ses peurs.

À propos du film : Le Mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

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Paroles de programmateurs

À propos de Rue des cités

de Jacques Morel

La banlieue, grâce au regard-cinéma que Carine May et Hakim Zouhani portent sur elle, est plus riche, plus complexe, plus attachante aussi que ce que l'on veut bien nous faire croire.

À propos du film : Rue des Cités

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Paroles de cinéastes

À propos de Pour rire !

de Jean-Henri Roger

Plaisir, c'est le mot qui vient à l'esprit. D'abord le plaisir que nous donnent les acteurs, plaisir sans lequel il n'y a pas de comédie. Léaud, sous le regard de Lucas, je n'ai pas peur du mot, est génial. Génial car il nous surprend à chaque plan, plus exactement on se demande comment il va finir la séquence, toujours à la limite de la rupture, il invente à chaque instant ce qui semble permettre le plan suivant.

À propos du film : Pour rire !

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Paroles de cinéastes

À propos Bella e perduta

de Claudine Bories et Patrice Chagnard

Comment parler de notre temps ? Comment raconter la violence d'une réalité qui est celle de la Campanie et de la camorra - mais pas seulement. Comment faire rêver le spectateur, lui permettre d'espérer - mais sans abandonner le réel.

À propos du film : Bella e perduta

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