À propos de Lettre à la prison

Cati
Couteau

Cinéaste

Film incandescent, film rescapé, Lettre à la prison est le grimoire halluciné d'une expérience intime de l'immigration.

Une œuvre hors norme, dont la modernité trouve sa filiation du côté de Buñuel, Jean Vigo, Pasolini, un cinéma de poète, d'images fulgurantes ; un cinéma de montage, de greffes, d'incidentes, de collision et de stases, où l'univers onirique et la vérité documentaire (du même registre parfois que celle du Jean Rouch de La Pyramide Humaine) se conjuguent pour mettre en scène l'expulsion de soi-même qu'opère la condition d'immigré. Dans la frontalité d'un gros plan saisissant, une petite tunisienne au visage maladroitement maquillé, concentre crûment dans son regard qui nous fixe l'assignation qu'elle a déjà appris des regards occidentaux.

La lettre que Tahar adresse (en un off brut) à son frère emprisonné exprime ses vacillements au contact brutal du sol français, où les suspicions nourrissent fantômes et hantises. Articulant « la réalité objective et la subjectivité la plus profonde », Marc Scialom construit un récit d'une grande charge émotionnelle dont la force narrative tient au dévoilement progressif d'une culpabilité programmée.

Cati Couteau

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Cinéaste


Publié le mardi 12 septembre 2017
Mis à jour le mardi 14 novembre 2017

Paroles de cinéastes

Lettre à la prison

Un film de Marc Scialom

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