À propos de La Vie intermédiaire

Joël
Brisse

Cinéaste

Quelle puissance poétique dans ce film, en regard de sa simplicité formelle. Visuellement il tient de la photo de famille, du roman-photo, de l'inventaire à la Eugène Atget.

Lieux désertés d'une ville de province, de région plutôt, acteurs posant dans des gares, sur des parkings de supermarchés, devant une centrale nucléaire, archives noir et blanc, plans fixes d'aubes brumeuses, route qui défile et, non pas dessus, mais dedans, avec, une voix-off qui dit des choses profondes, rugueuses, quotidiennes, sexuelles, dures, belles sans être "poéteuses". Cela coule et vous êtes portés par une rivière qui vous emmène vers sa fin, mais vous vous sentez si bien que vous acceptez son rythme. Cela s'apparente à Lettres en Somaliede Frédéric Mitterrand ou certains films de Marguerite Duras.

Une femme parle à un homme: je suis une femme qui écoute son ventre qui lui dit de te laisser sur le rivage,(...) Je suis une aberration,(...) je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi réel que toi. Des ouvriers sortent d'une usine au temps du muet : (...) on n'est pas de ceux qui savent profiter, profiter ça s'apprend jeune, sur le tard c'est trop tard, profiter ça ne s'improvise pas. Et puis à cet homme qu'elle n'aurait jamais dû rencontrer, elle, la boniche, elle dit aussi : J'ai envie que tout le monde m'entende hurler parce que tu me dis que c'est avec moi que tu préfères perdre ton temps. Voir La Vie intermédiaire c'est tout le contraire de perdre son temps puisque ça vous fait avancer: (... ) sentir est ma façon de savoir...


Joël Brisse

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Cinéaste


Publié le lundi 11 septembre 2017
Mis à jour le jeudi 16 novembre 2017

Paroles de cinéastes

La Vie intermédiaire

Un film de François Zabaleta

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